Sur le périmètre du Roquefort, la sécheresse met à mal l’alimentation des brebis
La sécheresse qui frappe le département de l’Aveyron cet été complique l’alimentation des brebis destinées à la production de fromage Roquefort. La Confédération générale de l’AOP (Appellation d’Origine Protégée) Roquefort a sollicité une dérogation pour assouplir les règles concernant les achats extérieurs de fourrage.
Pour obtenir l’AOP, le Roquefort doit respecter un cahier des charges strict, stipulant que les brebis doivent être sorties en pâture lorsque les conditions le permettent. Pierre Cassan, producteur de lait sur les hauteurs de Millau, précise que 75 % de l’alimentation des troupeaux doit provenir de l’exploitation, tandis que les achats extérieurs sont limités à 200 kg par brebis et par an. Toutefois, ces exigences sont difficiles à respecter en raison de la sécheresse persistante.
« Cette année, en août, ça va être une des rares fois où nous ne pouvons pas sortir les brebis quotidiennement à cause du manque d’herbe et de fourrage », déplore Pierre Cassan. De nombreuses pâtures ont été brûlées par la chaleur depuis le printemps.
En réponse à cette situation, la Confédération générale du Roquefort a demandé une dérogation à l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) en août 2026. En 2023, une demande similaire avait été formulée, visant à porter le plafond d’achat à 400 kg par brebis et à réduire la proportion de fourrage provenant de l’exploitation à 50 %. Anthony Soulié, secrétaire de la Confédération, indique que des demandes similaires seront probablement renouvelées pour la campagne à venir.
Face à la multiplication des épisodes de chaleur, les appellations commencent à envisager des adaptations plus profondes de leurs cahiers des charges. Par exemple, l’AOP Cantal a annoncé en 2025 travailler sur l’évolution de ses règles de production.
Source : France 3 Régions



