Jean-Louis Brunaux, archéologue de renom, est décédé
Jean-Louis Brunaux, archéologue français reconnu pour ses travaux sur la Gaule, est décédé récemment. L’historien Éric Anceau lui a rendu hommage, le qualifiant d’« archéologue de renommée internationale pour ses travaux sur la Gaule ». Anceau a également mentionné avoir sollicité Brunaux pour participer à un ouvrage collectif, mais ce dernier était trop affaibli pour y contribuer.
Une vie de recherches consacrée aux Gaulois
Né le 28 octobre 1953 à Lachelle, dans l’Oise, Brunaux a dédié sa carrière à l’étude de la Gaule indépendante, en se concentrant sur ses pratiques religieuses, ses sanctuaires, ses guerriers et ses druides. En tant que directeur de recherche au CNRS, il a dirigé de nombreuses fouilles sur des sites gaulois, notamment à Gournay-sur-Aronde.
Dès 1975, il a publié des travaux sur une fouille de sauvetage à Gournay-sur-Aronde, un chantier devenu emblématique de l’archéologie celtique française. En 1982, il a publié un ouvrage sur le sanctuaire celtique de Gournay, dont les résultats des fouilles entre 1975 et 1984 ont été coécrits avec Patrice Méniel et François Poplin.
Le site de Gournay a été déterminant dans le renouvellement des connaissances sur les religions gauloises, identifiant ce qui a été considéré comme le premier sanctuaire celtique authentique. Brunaux a souligné l’importance de confronter les récits antiques aux vestiges archéologiques pour enrichir la compréhension de la Gaule indépendante.
Gournay-sur-Aronde et Ribemont-sur-Ancre, deux chantiers décisifs
Après Gournay, Brunaux a dirigé les fouilles à Ribemont-sur-Ancre à partir de 1990. Ce site a révélé un ensemble exceptionnel de vestiges humains et militaires, interprétés comme ceux d’un monument guerrier et d’un sanctuaire lié à une bataille du IIIe siècle avant notre ère. Un programme de recherche a été établi pour étudier le sanctuaire gaulois et réexaminer l’installation cultuelle gallo-romaine.
Brunaux a aussi publié plusieurs ouvrages influents, dont Les Gaulois. Sanctuaires et rites en 1986 et Les Religions gauloises en 1996, qui ont contribué à une meilleure compréhension des croyances et pratiques rituelles des Gaulois.
Des druides très loin de Panoramix
Brunaux a popularisé une vision des druides loin des clichés, les présentant comme une élite savante, religieuse et politique. Dans son ouvrage Les Druides. Des philosophes chez les Barbares, il a démontré que ces figures historiques étaient plus que des magiciens isolés.
Il a continué à explorer ce sujet dans son livre à paraître en 2024, La Cité des druides. Bâtisseurs de l’ancienne Gaule, qui décrit les druides comme des théologiens et des conseillers politiques.
Combattre le mythe des « ancêtres les Gaulois »
À travers ses recherches, Brunaux a cherché à déconstruire l’image d’une Gaule uniforme et rustique, présentant un peuple diversifié, impliqué dans le commerce et les arts. Dans Nos ancêtres les Gaulois (2008) et Les Gaulois expliqués à ma fille (2010), il démontre la complexité des sociétés gauloises, en interaction constante avec d’autres cultures.
Alésia et Vercingétorix, au-delà du roman national
Brunaux a également analysé des figures emblématiques telles qu’Alésia et Vercingétorix. Son livre Alésia. 27 septembre 52 av. J.-C. (2012) a été salué pour sa rigueur historique et a reçu plusieurs prix. Il a cherché à humaniser Vercingétorix dans sa biographie publiée en 2018, tout en explorant la signification d’Alésia dans les récits antiques.
Un chercheur entre archéologie et histoire
Brunaux a su allier archéologie et histoire, enrichissant notre compréhension de la Gaule à travers ses recherches sur divers aspects, des sanctuaires aux rites. Son décès marque une perte significative pour le domaine de l’archéologie française, ayant contribué à replacer la civilisation gauloise dans le contexte historique.
Source : Actualitté



