Couteau à la main, il menaçait les femmes derrière son écran : un tiktokeur rattrapé par la GN à Saïda
Une lame brandie face à la caméra, des menaces adressées aux femmes et une vidéo largement relayée sur TikTok : la séquence a conduit son auteur entre les mains des enquêteurs. La Gendarmerie nationale a annoncé ce samedi l’interpellation d’un individu à Saïda, poursuivi pour diffusion d’un contenu incitant à la haine et à la discrimination. Un second chef d’accusation pèse sur lui : le port, sans justification, d’une arme blanche de sixième catégorie.
Une vidéo d’incitation à la haine repérée par la brigade de cybercriminalité
Tout a commencé par une veille numérique. Les enquêteurs spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité ont intercepté une séquence dans laquelle un homme tenait des propos jugés provocateurs, susceptibles de troubler la sérénité et l’ordre publics tout en alimentant l’hostilité envers autrui. Dans cet enregistrement diffusé sur son compte TikTok, l’auteur apparaissait armé d’un couteau, multipliant les menaces et appelant à la violence contre les femmes.
Le contenu a rapidement dépassé son audience habituelle, jusqu’à être massivement relayé. Conscient de l’ampleur prise par ses images, l’intéressé les a finalement effacées de son profil, un réflexe qui n’a pas empêché le déclenchement de la procédure.
Le suspect localisé et interpellé en coordination avec le parquet de Saïda
L’identification du mis en cause a été rapide. Les recherches ont permis de remonter jusqu’à son identité, puis à son lieu de résidence. L’interpellation s’est déroulée sous la supervision du procureur de la République près le tribunal de Saïda. Sur place, les gendarmes ont saisi le matériel utilisé pour produire et diffuser la vidéo : un ordinateur portable et deux téléphones mobiles ont été placés sous scellés. Ces supports devraient permettre d’établir précisément la chronologie de la publication et son audience réelle. Le suspect sera déféré devant les juridictions compétentes une fois les investigations terminées.
Les discours de haine en ligne sous surveillance renforcée
Les services de sécurité multiplient les interventions dès qu’une publication franchit la ligne rouge. En août dernier, un créateur de contenu avait été arrêté par la Gendarmerie de Blida après avoir proféré des insultes visant une catégorie de citoyens en raison de leur apparence physique. La législation algérienne punit sévèrement ces dérives. Le discours de haine, la discrimination et l’atteinte à l’ordre public exposent leurs auteurs à des poursuites pénales, même lorsque le créateur efface son contenu. Les captures d’écran et les signalements des internautes suffisent généralement à constituer le dossier.
L’exhibition de l’arme aggrave la situation de l’accusé. La loi qualifie le port d’arme blanche sans motif légitime d’infraction, tandis que son affichage dans une vidéo publique ajoute une dimension supplémentaire d’intimidation collective.
Source : Gendarmerie nationale



