Car février n’en finit plus : un recueil de poésie d’Evguénia Berkovitch publié en France
Avec la dramaturge Svetlana Petriïtchouk, Evguénia Berkovitch a été condamnée à six ans de prison pour « apologie du terrorisme » en juillet 2024.
Le premier recueil en français des poèmes de la metteuse en scène et poétesse russe Evguénia Berkovitch, intitulé « Car février n’en finit plus. », a été publié à Paris. Cette initiative vise à attirer l’attention sur la situation de cette artiste emprisonnée, qui continue à écrire, selon sa mère, Elena Efros, interrogée par l’AFP.
Le recueil, publié par les éditions Tourgueneff, regroupe plus de 40 textes écrits par Berkovitch entre 2021 et 2026. Ces poèmes traitent de la guerre en Ukraine, à laquelle elle s’oppose, ainsi que de son expérience en prison. Dans la préface, l’éditeur souligne que « la guerre injuste et criminelle contre l’Ukraine et l’humiliante expérience carcérale ont en commun d’isoler l’individu, en brisant ses liens familiaux, professionnels et sociaux ».
Incarcérée depuis mai 2023, Evguénia Berkovitch, âgée de 41 ans, a été condamnée avec Svetlana Petriïtchouk à six ans de prison. Sa mère a déclaré que « Jénia va relativement bien, compte tenu du fait qu’elle se trouve derrière les barbelés d’un camp ». Bien qu’il lui soit interdit de mener toute activité théâtrale, elle parvient à « rassembler de la matière pour de futurs projets créatifs » et s’intéresse aux destins des femmes emprisonnées avec elle.
Elena Efros a exprimé sa gratitude envers « tous ceux qui ont rendu ce recueil possible : les traducteurs, éditeurs, correcteurs. Il est très important pour moi que les poèmes de Jénia soient lus en Europe et qu’on découvre son destin, car cela pourrait l’aider ».
Le procès de Berkovitch et Petriïtchouk a mis en lumière la répression culturelle actuelle en Russie, où les artistes sont de plus en plus contraints de soutenir l’effort de guerre contre l’Ukraine. Plusieurs ONG espèrent que des échanges de détenus entre Moscou et l’Occident pourraient se reproduire, semblables à celui d’août 2024, qui avait permis la libération d’opposants russes de premier plan.
(Source : Franceinfo)

