(Paris) L’Europe affronte en ce début août une nouvelle vague de chaleur, après un mois de juillet le plus chaud jamais enregistré pour près de 120 millions d’Européens, particulièrement au Royaume-Uni, en France et en Espagne.
Continent se réchauffant le plus rapidement à l’échelle mondiale, l’Europe occidentale a déjà subi quatre épisodes de chaleurs extrêmes depuis mai, selon Copernicus, l’observatoire européen du changement climatique. Plusieurs agences météorologiques nationales annoncent de nouveaux épisodes de canicule, suite à des records inédits le mois dernier. La sécheresse s’étend également, touchant presque toute la France et l’Espagne, et favorisant des incendies dévastateurs, ainsi que des régions du Royaume-Uni et d’Allemagne.
Thermomètre en hausse
« Une nouvelle vague de chaleur extrême s’apprête à remonter vers le nord sur une grande partie du Royaume-Uni », a averti le service météorologique britannique (Met Office) dimanche. D’ici jeudi, les températures pourraient atteindre 36 °C dans certaines parties de l’est et du sud-est de l’Angleterre. En France, un « nouvel épisode caniculaire » est prévu mardi, avec des maximales atteignant 39 °C dans le sud, selon Météo-France.
Le record actuel est de 3,8 °C au-dessus des normales, calculées sur la période 1991-2020. La France subit sa troisième vague de chaleur de l’été, après celles de juin, historiquement intense, et de juillet, la plus longue (16 jours). Le mois de juillet 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en Espagne, à égalité avec 2022, avec une température moyenne de 25,7 °C, soit 2,6 °C au-dessus de la normale, selon l’Agence météorologique espagnole (AEMET).
Sécheresse généralisée
En juillet, les niveaux d’humidité des sols étaient nettement inférieurs à ceux de juillet 2022, dernier été marqué par une grave sécheresse en Europe occidentale, a précisé Copernicus. L’Espagne a connu le mois de juillet le plus sec depuis le début des relevés en 1961, selon l’AEMET. La moitié de l’Angleterre et la totalité du pays de Galles sont également touchés, avec d’autres régions anglaises devant être placées en état de sécheresse.
Incendies dévastateurs
Ces conditions ont favorisé une activité exceptionnelle des incendies de forêt, tant en termes de superficie brûlée que d’émissions de carbone, selon Copernicus. Un méga-incendie a ravagé près de 42 000 hectares dans le sud-ouest de la France fin juillet, entraînant l’évacuation de plus de 220 000 personnes en Gironde. Dans le même temps, le plus grand incendie de l’histoire récente d’Espagne a brûlé presque 44 000 hectares dans la province d’Ávila, proche de Madrid.
Fleuves asséchés et réchauffement des eaux
Conséquence directe de la chaleur et de la sécheresse cumulées, les débits fluviaux ont été exceptionnellement bas, notamment sur la Seine, le Rhin et le Danube. Les eaux de la Vistule ont atteint leur plus bas niveau historique à Varsovie. De plus, les eaux de la Méditerranée occidentale et de l’océan Atlantique ont connu des températures élevées en juillet, associées à des épisodes de canicule marine.
La température moyenne mondiale à la surface des mers a atteint 20,96 °C, a alerté Carlo Buontempo, directeur du Copernicus Climate Change Service (C3S), soulignant que le principal moteur de ce réchauffement réside dans les gaz à effet de serre émis par l’humanité.
Source : Copernicus, AEMET, Met Office


