La justice de Singapour rejette le recours de Grégory Clerc, DG du groupe Castel
La Haute Cour de Singapour a rejeté jeudi le recours de Grégory Clerc, directeur général du groupe Castel, concernant sa suspension en tant qu’administrateur de la holding Investment Beverage Business Management (IBBM). Cette décision fait suite à un vote de l’assemblée générale de la holding, qui avait révoqué Clerc, ancien avocat fiscaliste du fondateur Pierre Castel.
En février dernier, la Haute Cour avait déjà confirmé cette suspension par une décision provisoire, quelques jours après le vote de l’assemblée générale. Clerc contestait la validité de ce vote, et une décision sur le fond est attendue possiblement « fin octobre », selon des sources proches de Romy Castel, la fille unique de Pierre Castel.
Romy Castel, alliée à Alain Castel, directeur général de Castel Vins et neveu du fondateur, accuse Clerc de « captation du pouvoir ». Elle soutient que cette éviction doit entraîner des révocations supplémentaires de ses mandats au sein du groupe, qu’il dirige depuis 2023. Les communicants du groupe, quant à eux, estiment que cette décision n’a pas d’impact sur la procédure en cours, qui vise à déterminer si certaines résolutions ont été adoptées lors d’une assemblée générale extraordinaire d’IBBM.
Le groupe Castel, un empire du vin et des boissons en Afrique et en France, emploie environ 40 000 personnes et est structuré en un réseau complexe de sociétés, avec la holding luxembourgeoise DF Holding à sa tête. Fin juin, la direction a également écarté Romy et Alain Castel du conseil d’administration de Castel Vins.
Les deux parties sont engagées dans des procédures judiciaires en Suisse et au Luxembourg. Gregory Clerc fait face à une plainte pour « gestion déloyale » et « blanchiment d’argent » déposée à Genève par Romy Castel, ainsi qu’à une autre plainte à Luxembourg pour abus de biens sociaux, liée à une rémunération comprenant un parachute doré évalué à 36 millions d’euros en cas de départ. De son côté, Romy Castel est inculpée à Genève pour faux et usage de faux, accusée par Clerc d’avoir usurpé la signature de son père sur une procuration.
Avec un chiffre d’affaires prévu de 6,5 milliards d’euros pour 2024, le groupe est par ailleurs menacé d’un redressement fiscal en France, qui pourrait atteindre un milliard d’euros.
Source : BFM TV


