Les pompiers dénoncent un manque de protection face aux risques cancérogènes
Selon la préfecture de Gironde, 75 pompiers ont été blessés depuis le début de l’incendie, dix d’entre eux ont dû être évacués. L’activité de sapeur-pompier est classée comme cancérogène (Groupe 1) par le CIRC de l’OMS.
Les pompiers sont actuellement exposés à des risques importants lors des interventions en raison d’un manque de protection efficace contre les gaz et particules nocives dégagées lors des feux de forêt. La CFDT pompiers a exprimé ses préoccupations, plaidant pour l’acquisition de nouvelles cagoules filtrantes. Sébastien Bouvier, secrétaire fédéral CFDT, a déclaré : « Il faut nous donner des moyens pour nous protéger : on a les camions, sauf que pour respirer, on a des cagoules qui ne sont même pas au niveau d’un FFP1. »
Depuis le début de l’incendie, 75 pompiers ont été blessés, dont dix ont nécessité une évacuation. Plus de 5 000 pompiers, militaires, policiers et gendarmes sont mobilisés pour lutter contre un feu qui a ravagé 42 000 hectares.
Les pompiers sont équipés d’appareils respiratoires isolants lors des interventions dans des bâtiments, mais face aux feux de forêt, beaucoup se contentent de cagoules légères, souvent retirées dès qu’ils ne sont plus en contact direct avec le feu, malgré la proximité des fumées. Norbert Berginiat, vice-président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, a souligné que les systèmes de protection utilisés pour les bâtiments ne sont pas adaptés aux feux de forêt en raison de leur inconfort et de la chaleur.
Actuellement, les cagoules en usage filtrent principalement les grosses particules, tandis que les petites particules, potentiellement cancérogènes, sont moins efficacement retenues. Bien qu’un nouveau modèle de cagoule filtrante ait été développé, son adoption nécessite une révision des méthodes de travail et des tactiques opérationnelles, ce qui n’est pas encore envisagé.
La question financière se pose également : une cagoule basique coûte environ 15 euros, tandis qu’une cagoule offrant une protection adéquate contre les gaz cancérogènes s’élève à 60 euros. Certains services départementaux d’incendie et de secours hésitent à investir dans ces nouvelles cagoules, jugées inconfortables par les pompiers ayant testé le modèle.
L’activité de sapeur-pompier étant reconnue comme cancérogène, un décret de décembre 2025 a élargi la reconnaissance des pathologies professionnelles liées à cette activité.
Source : Franceinfo
