Une mise en abîme troublante de l’histoire des muses à l’aune de #MeToo
Résumé : Lorsqu’elle monte à Paris avec le bac en poche, Dana a à peine 17 ans et compte bien intégrer le monde des arts, par la porte des muses. Espiègle, intellectuelle et prête à tout, elle fait l’unanimité, jusqu’à ce qu’un moment difficile la plonge dans la face sombre du métier de muse.
Critique : Dans leur œuvre Quand j’étais petite je rêvais d’être muse, Hannah Erell et Maëlle Reat proposent une autofiction à la fois satirique et profonde. Le récit, sous couvert d’humour et de caricature, aborde des thèmes lourds tels que les destins tragiques de figures féminines emblématiques de l’art, comme Dora Maar et Teha’amana, souvent oubliées ou marginalisées par les hommes qui les entouraient.
Le livre s’inscrit dans un contexte actuel où le mouvement #MeToo met en lumière non seulement les agressions et violences physiques, mais également la violence verbale et la toxicité psychologique qui imprègnent le milieu artistique. Les autrices dénoncent la condition féminine, en évoquant des figures telles que Joséphine Hopper et Emilie Flögge, souvent écartées ou méconnues.
Le style graphique de Maëlle Reat renforce cette dualité. Les illustrations, d’abord naïves et sympathiques, se transforment en un pamphlet incisif, révélant la violence latente du monde de l’art. Cette transition est fluide, permettant de maintenir un équilibre entre légèreté et gravité, tout en soulignant la dissimulation de la véritable nature de ce milieu.
En somme, Quand j’étais petite je rêvais d’être muse se présente comme une œuvre de vulgarisation historique et culturelle, une autofiction initiatique et un pamphlet satirique, traitant des illusions perdues et d’un espoir persistant.
Source : Avoir-alire.com
