Franchises médicales : le gouvernement renonce à doubler les plafonds dans l’immédiat
Le gouvernement français a décidé de ne pas procéder au doublement des plafonds des franchises médicales, une me initialement envisagée pour générer des économies. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a reconnu que cette décision, annoncée fin juillet, avait été perçue comme « brutale » par une partie de la population. Dans un entretien accordé au Figaro, elle a déclaré : « Le doublement annoncé n’a pas été compris et a pu apparaître brutal. Nous avons décidé de faire évoluer notre proposition. »
Initialement, le gouvernement prévoyait de porter le plafond des franchises médicales de 100 à 200 euros, montant que les assurés sociaux peuvent être amenés à payer annuellement pour les médicaments, les consultations médicales, les transports liés aux soins et les actes paramédicaux. Cette me avait déjà été envisagée en 2025 sous le gouvernement de François Bayrou, avant d’être rejetée.
La ministre a défendu cette initiative comme une nécessité pour le financement du système de soins, mais elle a fait face à une forte opposition de la part des associations de patients. France Assos Santé a qualifié cette me d’« erreur monumentale », soulignant qu’elle risquait de « culpabiliser » les personnes vulnérables, notamment celles atteintes de maladies chroniques.
Vers une indexation sur l’inflation
Stéphanie Rist a expliqué que le plafond des franchises, en place depuis 2005, n’avait jamais été revalorisé, alors que l’inflation a significativement modifié les niveaux de vie. Elle a assuré qu’un doublement aurait coûté « moins de 2 euros par mois pour l’ensemble des Français et 4 euros pour les patients en affection longue durée (ALD) ». Cependant, la ministre a reconnu que les parties prenantes avaient exprimé des réserves quant à un doublement immédiat.
Le gouvernement opte donc pour une augmentation moins ambitieuse, fondée sur une indexation à l’inflation. Selon l’INSEE, les prix à la consommation (hors tabac et alcool) ont augmenté d’un peu plus d’un tiers entre 2005 et 2025. Certains syndicats, cependant, restent sceptiques quant à l’impact réel de cette me.
L’annonce de ce recul coïncide avec des démentis du ministre Sébastien Lecornu sur d’autres pistes d’économies évoquées dans la presse, notamment la suppression des APL pour les étudiants ou le gel du RSA. Dans ce contexte, Stéphanie Rist a également exprimé des réserves sur l’idée d’une TVA sociale, la qualifiant de « non suffisante » pour résoudre les problèmes de financement de la Sécurité sociale.
Source : Le Figaro



