Réforme du DPE : Vers une meilleure évaluation du confort d’été
Le ministre du Logement a annoncé, mercredi dernier, la possibilité de réformer le Diagnostic de performance énergétique (DPE) en intégrant une évaluation plus précise du confort d’été. Cette réforme pourrait inclure un nouvel abaissement du coefficient d’énergie primaire (CEP) pour valoriser davantage l’électricité, avec une application prévue au 1er janvier prochain.
Les vagues de chaleur successives de mai à juillet ont mis en lumière la nécessité d’adapter de nombreux logements, qu’ils soient anciens ou récents. Une enquête de l’Ignes révèle qu’environ 43 % des habitations françaises ne disposent pas de protections solaires adéquates, comme des volets ou des stores, sur les fenêtres exposées au soleil. Par ailleurs, près de la moitié des logements sont jugés « insuffisamment » protégés contre la chaleur, selon le diagnostic de confort d’été du DPE.
Le député Daniel Labaronne a souligné l’importance d’outils fiables pour identifier les logements les plus vulnérables. Bien que l’indicateur de confort d’été soit une avancée, il reste insuffisamment précis pour refléter les conditions réelles rencontrées par les habitants lors des fortes chaleurs.
Une évaluation du confort d’été à repenser
Actuellement, le DPE inclut un indicateur de confort d’été, symbolisé par trois smileys (souriant, indifférent, mécontent), mais cette évaluation n’influence pas la note finale, qui va de A à G. Les critères évalués prennent en compte la présence de protections solaires, l’existence de brasseurs d’air, l’isolation de la toiture et l’inertie thermique des matériaux. Des équipements comme les pompes à chaleur réversibles peuvent même pénaliser la note globale en raison de leur consommation d’énergie supplémentaire.
Le ministre Vincent Jeanbrun a insisté sur l’urgence de réécrire le DPE pour inclure une indication claire sur le confort d’été, permettant ainsi aux citoyens de savoir si leur logement est performant tant en hiver qu’en été.
Vers une modification du coefficient d’énergie primaire
Le gouvernement envisage également d’abaisser le coefficient d’énergie primaire de l’électricité, qui est passé de 2,3 à 1,9 en janvier dernier, et pourrait atteindre 1,7 en janvier 2027. Cette modification viserait à réduire l’impact de la consommation électrique sur l’évaluation du DPE, potentiellement permettant à de nombreux logements de gagner une classe énergétique sans travaux.
Cependant, des professionnels de la rénovation mettent en garde contre le risque de confusion pour les ménages, soulignant que des changements fréquents pourraient fragiliser la confiance du public dans le DPE. En outre, la note du DPE a un impact direct sur le prix des biens immobiliers, avec une décote de 33 % pour les classes E-F-G par rapport aux classes A-B.
Autres mes en discussion
Face aux canicules, plusieurs mes sont en cours d’examen. Parmi elles, l’abaissement de la TVA sur les pompes à chaleur réversibles à 5,5 %, efficace depuis le 18 juillet, et des amendements au projet de loi sur le logement, qui pourraient faciliter l’installation de volets ou de climatisation dans les copropriétés. Un autre amendement propose d’inclure le « confort d’été » dans la définition de la performance énergétique.
Ces propositions devront encore être débattues à l’Assemblée nationale dans les mois à venir.
Source : BFM TV
