Canicule : Comment les autorités estiment le nombre de morts causés par la chaleur ?
La canicule a des effets dévastateurs sur la santé publique, mais les autorités peinent à quantifier le nombre de décès directement attribués à la chaleur. Alors que la France est actuellement placée en vigilance rouge, les chiffres officiels concernant les victimes de cette vague de chaleur restent flous. Certaines préfectures, comme celle du Pas-de-Calais, ont rapporté trois décès susceptibles d’être liés aux fortes chaleurs. À Paris, des victimes ont également été signalées, bien que le maire Emmanuel Grégoire n’ait pas précisé de chiffres.
Établir l’implication de la canicule dans un décès s’avère complexe. La surveillance des impacts de la chaleur est assurée par Santé publique France (SPF) via un indicateur nommé « iCanicule », qui suit les recours aux soins d’urgence liés à des pathologies telles que l’hyperthermie, la déshydratation et l’hyponatrémie.
Entre le 18 et le 21 juin, SPF a enregistré entre 300 et 450 passages quotidiens aux urgences et entre 80 et 160 consultations SOS médecins. Selon le Dr Jacques Battistoni, médecin généraliste, la chaleur est souvent un facteur aggravant d’une pathologie préexistante, ce qui complique l’attribution directe des décès à la canicule.
Pour qu’un décès soit imputé à la chaleur, plusieurs critères doivent être remplis, notamment la présence d’un « événement climatique en cours » et l’analyse des circonstances du décès. Bien que certains cas d’hyperthermie soient indéniables, ils restent rares.
Santé publique France publie chaque année un bulletin national sur la chaleur et la santé. Le rapport de 2025 indique que plus de 5 700 décès sont attribuables à l’exposition à la chaleur, dont plus de 1 900 pendant les épisodes de canicule. En 2022, l’été a été particulièrement meurtrier, avec près de 7 000 décès liés à la chaleur, dont 2 051 durant les canicules.
Source : 20 Minutes.
