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Il a roulé sur la Lune : le « BB-8 japonais » vient d’être analysé

En janvier 2024, la sonde japonaise SLIM s’est posée sur la Lune, mais de manière inattendue, à l’envers. C’est un robot sphérique, LEV-2, de la taille d’une balle de tennis, qui a permis aux ingénieurs au sol de comprendre la situation en se déplaçant de manière autonome dans la poussière lunaire pour photographier l’atterrisseur retourné. Cet exploit, publié dans Science Robotics, redéfinit le rôle des micro-rovers dans l’exploration spatiale.

Le 19 janvier 2024, le Japon est devenu la cinquième nation à poser un engin sur la Lune. Cependant, SLIM avait atterri à l’envers, avec ses panneaux solaires orientés dans le mauvais sens, rendant impossible la production d’énergie. Les ingénieurs n’avaient pas encore identifié la cause de cet incident lorsque LEV-2 a été déployé. Ce rover, fonctionnant encore sur batterie, a navigué de façon autonome autour de l’atterrisseur et a transmis des images via LEV-1, un second rover se déplaçant par bonds.

LEV-2, ressemblant au célèbre droïde BB-8 de Star Wars, est capable de se déformer grâce à deux roues internes, ce qui lui permet de s’adapter au terrain irrégulier de la surface lunaire sans se bloquer. En 100 minutes d’opération autonome, il a réussi à capturer des images et à sélectionner celles à transmettre, sans intervention humaine en temps réel, en raison du délai de communication Terre-Lune.

Malgré un temps de fonctionnement limité à moins de deux heures, LEV-2 a atteint son objectif principal : confirmer la position de l’atterrisseur et fournir des données cruciales pour l’évaluation de la mission. SLIM a survécu à trois nuits lunaires avant d’interrompre toute communication en août 2024. L’article publié dans Science Robotics met en avant trois leçons clés : augmenter la fréquence des données télémétriques, améliorer les communications entre rovers, et enrichir le logiciel de gestion des états pour mieux gérer les imprévus lors de missions longues.

Le véritable apport de LEV-2 va au-delà de cette mission. Il démontre qu’un micro-rover autonome peut accéder à des zones inaccessibles pour un vaisseau principal, comme les flancs de cratères ou les terrains escarpés. Sur Mars, ce type d’explorateur compact pourrait accompagner des missions plus grandes pour couvrir des territoires autrement inaccessibles, à un coût réduit.

Source : Science Robotics

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