De Joliette à Sept-Îles, 1200 km à vélo pour réconcilier deux solitudes

De Joliette à Sept-Îles : 1200 km à vélo pour réconcilier deux solitudes

Marie-Anne Dumais-Rivard et Françoise Savard, étudiantes en gouvernance territoriale autochtone et en littérature, ont entrepris un voyage à vélo de 1200 km entre Joliette et Sept-Îles, afin de rencontrer des Autochtones et des non-Autochtones. Leur périple a débuté le 11 mai au Centre d’amitié autochtone de Lanaudière et s’est terminé le 10 juin au Centre de Sept-Îles.

Au cours de leur voyage, elles ont visité plusieurs municipalités et ont interagi avec diverses personnes, aussi bien dans les centres d’amitié que dans les rues et les parcs. Ces rencontres avaient pour objectif de réfléchir aux relations entre Autochtones et allochtones en milieu urbain.

Les centres d’amitié offrent des services dans des domaines variés tels que la santé, la justice, la petite enfance, l’éducation et l’employabilité, visant à soutenir les membres des Premières Nations et des Inuit en milieu urbain. Selon le dernier recensement, 44,3 % des Autochtones résident dans des villes de plus de 100 000 habitants.

Bien que les rencontres dans les centres d’amitié étaient planifiées, celles réalisées sur la route étaient souvent spontanées. Le vélo a joué un rôle clé dans l’établissement de ces contacts, comme l’explique Françoise Savard, d’origine wendat. Elle souligne que la vue d’un vélo chargé suscite la curiosité et facilite l’engagement. Marie-Anne Dumais-Rivard ajoute que ce sont souvent les gens qui les approchent, désireux de connaître leur histoire.

Ce projet s’inscrit dans une recherche collaborative sur les relations entre Autochtones et non-Autochtones dans les villes québécoises. Stéphane Guimont Marceau, codirectrice du programme en études autochtones à l’Institut national de la recherche scientifique, indique que le vélo a été choisi comme moyen d’initier ces discussions délicates.

Les jeunes femmes ont également développé un jeu interactif pour sensibiliser les personnes rencontrées aux enjeux de racisme et de discrimination vécus par les Autochtones en milieu urbain. Ce jeu, basé sur des récits recueillis lors de cercles de discussion, a suscité de nombreuses conversations, révélant un intérêt inattendu pour ces thématiques.

Julie Girard, directrice de l’Observatoire des réalités autochtones urbaines, note qu’il existe encore une séparation significative entre les Autochtones et les non-Autochtones au Québec. Elle souligne l’importance de créer des moments de rencontre et de réconciliation, car ces occasions sont actuellement rares.

Les réflexions des participantes mettent en lumière la nécessité d’une rencontre plus fréquente entre ces deux groupes, afin de réduire l’inconfort et la violence qui peuvent découler de cette solitude partagée.

Le projet, qui bénéficie du soutien de l’Institut Ashukan et du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec, vise à enrichir les travaux des organisations autochtones et des institutions.

Source : ICI Radio-Canada.

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