Il y a de nombreuses alertes et inquiétudes : les datacenters interrogent de plus en plus leur impact sur l’environnement

À Marseille, la multiplication des datacenters, portée par l’IA et les besoins numériques, suscite des inquiétudes croissantes sur leur poids énergétique et leurs conséquences environnementales.

Les datacenters sont devenus l’une des infrastructures les plus stratégiques de l’économie numérique. Marseille compte de nombreux centres de données, car la cité phocéenne constitue une porte d’entrée majeure des câbles sous-marins reliant l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. Cette concentration d’infrastructures attire les opérateurs de datacenters, d’autant que Marseille est l’un des deux principaux hubs français d’échanges internet. Cependant, ces projets font l’objet de contestations croissantes de la part d’associations et de riverains, qui s’interrogent sur leur utilité et leurs conséquences pour le territoire.

Les chercheurs s’interrogent sur la possibilité que ces datacenters contribuent au réchauffement climatique. Si, longtemps, ils sont restés relativement invisibles, avec l’usage de l’IA, ils s’imposent comme une nouvelle industrie lourde de la transition écologique. Clément Marquet, chargé de recherche au Centre de sociologie de l’innovation de Mines Paris-PSL, souligne que chaque nouveau secteur industriel ajoute une pression supplémentaire sur un système électrique déjà très sollicité.

Selon le réseau de transport d’électricité, la consommation des centres de données pourrait être multipliée par trois d’ici 2035. Cette trajectoire soulève des questions qui dépassent la seule question technique. Les datacenters ne répondent pas uniquement aux usages actuels, mais préparent un futur où le numérique et l’IA occuperont une place toujours plus importante. Marquet indique que ce phénomène mérite d’être débattu publiquement.

L’intelligence artificielle accentue cette tendance, ajoutant un nouveau poste de consommation de ressources. Une étude de l’université de Cambridge révèle que la chaleur émise par les datacenters augmente la température terrestre en moyenne de 2°C jusqu’à 10 km à la ronde, entraînant des « îlots de chaleur urbains ».

Pour limiter leur consommation électrique, de nombreux datacenters ont mis en place des techniques de refroidissement utilisant l’air extérieur, mais ces systèmes sont de plus en plus souvent mis à l’épreuve par le réchauffement climatique. Lors des épisodes de canicule, les systèmes de climatisation prennent le relais, rejetant davantage de chaleur dans l’environnement.

Aujourd’hui, l’idée de récupérer la chaleur générée par ces infrastructures pour alimenter des logements ou des équipements publics devient une exigence réglementaire. Les nouveaux datacenters doivent s’engager à valoriser 20 % de leur chaleur. En Île-de-France, les porteurs de projets doivent désormais prouver la proximité d’un réseau de chaleur.

Cependant, la mise en œuvre de cette récupération de chaleur se heurte à plusieurs obstacles, notamment techniques et économiques. Les serveurs produisent une chaleur insuffisante pour alimenter directement un réseau de chauffage, nécessitant l’installation de pompes à chaleur. La construction de réseaux de transport de chaleur représente également un coût important, rendant le modèle économique fragile.

Ces défis soulignent la complexité des projets de datacenters, qui doivent être adaptés aux spécificités locales et aux exigences réglementaires croissantes.

Source : France 3 Provence-Alpes

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