Ce n’est pas entendable que des femmes perdent la vie simplement parce qu’elles sont femmes
Dimanche 5 juillet, près de 350 personnes ont défilé à Blois en mémoire de Vicinthe Samba Mpassi, tuée le 12 juin dernier à son domicile de Suèvres (Loir-et-Cher). Famille, collègues, amis, élus et associations ont rendu hommage à cette aide-soignante de 40 ans, mère de cinq enfants, tout en appelant à une meilleure protection des femmes victimes de violences conjugales.
Le rassemblement a débuté à 14h30 sur le mail Charlot, non loin de l’hôpital où Vicinthe exerçait. Vêtus principalement de blanc, les participants ont avancé en silence derrière une banderole à son effigie. Un dernier hommage a été rendu par ses anciennes collègues, qui ont évoqué son professionnalisme et sa joie de vivre. « C’était un rayon de soleil », ont-elles déclaré.
L’émotion était palpable, surtout lorsque sa mère, Catherine Samba Mpassi, arrivée du Congo Brazzaville pour les obsèques, a pris la parole. « Ma fille me manque, elle me manque, elle me manque… Je suis très reconnaissante et je remercie tous ceux qui sont venus compatir avec nous », a-t-elle exprimé.
Sous un soleil ardent, le cortège a progressé vers le centre-ville, ponctué de chants traditionnels et de l’hymne « No Woman, No Cry » de Bob Marley. Au palais de justice, deux bougies ont été déposées en mémoire de Vicinthe, le 68e féminicide recensé en France cette année.
Les participants, notamment de nombreuses femmes, ont exprimé leur solidarité. « Nous sommes venues pour montrer notre soutien et pour que s’arrête la violence contre les femmes », a déclaré l’une d’elles. Une autre a ajouté : « C’est inadmissible que des femmes perdent la vie simplement parce qu’elles sont femmes ».
Vicinthe Samba Mpassi, victime de plusieurs coups de couteau, laisse derrière elle cinq enfants. Son mari a reconnu les faits, et bien que le couple était en instance de divorce, il vivait toujours au domicile familial. La mère de famille avait déposé plainte en janvier dernier, plusieurs mois avant sa mort.
Pour Corinne Kibongui Saminou, amie de la victime et adjointe au maire de Blois, cette marche est un appel à l’action. « Il est temps d’avoir de vraies mes pour protéger les femmes victimes de violences », a-t-elle affirmé.
Les associations féministes présentes ont souligné les failles dans la protection des victimes de violences conjugales. Marie Fourniet, du Planning familial du Loir-et-Cher, a plaidé pour une aide inconditionnelle aux victimes, insistant sur la nécessité de mes qui ne dépendent pas uniquement du dépôt de plainte.
Après une minute de silence, les proches de Vicinthe Samba Mpassi ont rejoint le domaine de Brisebarre pour une veillée mortuaire. Ses obsèques étaient prévues pour le lendemain, lundi 6 juillet.
(Source : France 3 Régions)
