Sous la pression de la rue, Zelensky limoge le commandant en chef de son armée
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé le 21 juillet le limogeage d’Oleksandr Syrsky, commandant en chef de l’armée, au profit de Mykhaïlo Drapaty, commandant des forces interarmées. Cette décision intervient dans un contexte de mécontentement croissant suite au départ du ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, évincé le 14 juillet après seulement six mois en fonction. Fedorov avait accusé Syrsky d’entraver ses efforts de réforme.
Zelensky a exprimé sa gratitude envers Syrsky et les forces armées ukrainiennes dans un message sur Telegram, sans fournir d’explications sur sa décision. Selon des sources proches de la présidence, le président avait envisagé de limoger Syrsky si les manifestations qui secouaient le pays ne s’apaisaient pas.
Drapaty, l’un des militaires les plus respectés d’Ukraine
Âgé de 43 ans, Drapaty est perçu comme un leader respecté, favorisant une plus grande autonomie pour les commandants subordonnés et une prise de décision plus rapide. Sa nomination est considérée comme une réponse aux attentes des manifestants, qui avaient vu le renvoi de Fedorov comme une victoire de la vieille garde militaire.
Dans une allocution, Zelensky a également proposé à Fedorov un nouveau poste pour superviser le secteur technologique de l’État, bien que son acceptation reste incertaine.
Un risque de “déstabilisation”
Des responsables politiques et analystes mettent en garde contre les conséquences potentielles de cette décision sur l’effort de guerre ukrainien. Certains estiment que céder aux manifestations pourrait déstabiliser davantage le pays en pleine guerre, offrant à l’ennemi des prétextes pour semer la division.
Le contexte politique ukrainien valorise les manifestations de rue comme un élément démocratique, contrastant avec les dérives autoritaires observées en Russie.
Source : Kyiv Post, Meduza, The New York Times, The Wall Street Journal
