Visa pour l’image : Un hommage à Jean-François Leroy et la continuité du photojournalisme
Le festival international du photojournalisme, Visa pour l’image, se déroule à Perpignan jusqu’au 13 septembre 2026. Cette édition est particulièrement marquée par le décès de son cofondateur, Jean-François Leroy, survenu le 31 août dernier, peu après le lancement de l’événement. À 69 ans, Leroy a laissé un héritage indélébile dans le monde du photojournalisme.
À la première soirée de projection au Campo Santo, environ 2 500 spectateurs ont rendu hommage à Leroy par une ovation debout, suivie d’applaudissements prolongés. Le président de la République, Emmanuel Macron, a salué sa mémoire dans un communiqué, le qualifiant d’« infatigable défenseur du photojournalisme ».
Delphine Lelu, codirectrice de Visa pour l’image, a déclaré : « Nous allons continuer de faire vivre Visa dans le respect des valeurs que Jean-François a défendues. » Elle souligne l’importance de perpétuer son engagement envers la vérité et la qualité du photojournalisme.
Un carrefour de la profession
Visa pour l’image représente un espace de rencontre pour les photographes, favorisant les échanges entre les professionnels confirmés et les jeunes talents. Leroy a décrit cet événement comme un « bouillon de culture visuelle », où les photographes, souvent isolés, peuvent se retrouver et partager leurs expériences.
Le festival a pour mantra de découvrir de nouveaux photographes, de mettre en lumière des talents reconnus et de redécouvrir des figures historiques du photojournalisme. Cette année, des artistes de renom comme Raymond Depardon exposent aux côtés de jeunes créateurs tels que Jérôme Gence et Elise Blanchard.
Le maintien du vrai
Depuis près de quarante ans, Visa pour l’image attire plus de 220 000 visiteurs chaque année. Ces derniers prennent le temps de découvrir les expositions et de lire les légendes qui accompagnent les œuvres. Lelu rappelle que Leroy tenait à montrer le monde tel qu’il est, sans filtre, tout en rendant l’information accessible au plus grand nombre.
Les thématiques abordées cette année incluent des sujets poignants tels que le mariage d’enfants en Afghanistan, les unions virtuelles au Japon, ainsi que des crises humanitaires à Gaza et en Ukraine. Ces récits illustrent non seulement les défis de notre époque, mais aussi les réussites et les espoirs.
Éducation à l’image
À l’heure de l’intelligence artificielle et des deep fakes, le festival insiste sur l’importance de l’éducation à l’image. Leroy avait souligné que « l’IA a rendu les images authentiques suspectes par contamination ». La semaine dédiée aux scolaires, qui permet aux jeunes d’apprendre à regarder et à comprendre les images, est considérée comme cruciale.
Ce festival continue ainsi d’être un phare dans le domaine du photojournalisme, soutenant les photographes à travers des prix totalisant plus de 160 000 euros, pour les aider dans leur production.
Le 38e festival international de photojournalisme, Visa pour l’image, se tient à Perpignan jusqu’au 13 septembre 2026.
Source : Blind Magazine

