Les vignerons rebelles des Côtes de Duras face aux géants bordelais
Dans le Lot-et-Garonne, les vignerons de l’appellation méconnue des Côtes de Duras luttent pour exister face aux géants bordelais et bergeracois, en dépit de la crise viticole. Pour survivre, ces « rebelles » misent sur la diversité de leurs vins, des prix accessibles et une forte conversion au bio.
Sous la lumière dorée de septembre, le paysage ressemble à s’y méprendre aux doux reliefs de l’Italie. “C’est notre petit paysage de Toscane : des collines, des pruniers, des vignes et des vaches,” sourit Régis Geoffroy, propriétaire du domaine de Laulan. Il fait partie des 80 vignerons de l’appellation Côtes de Duras, située aux confins du Lot-et-Garonne, à quelques kilomètres de la Gironde et de la Dordogne.
Créée en 1937, l’appellation Côtes de Duras se distingue par sa diversité, avec environ 850 hectares cultivés, répartis entre blancs, rouges et rosés. “Il fût un temps, notre slogan disait ‘Duras, un terroir grand comme la main’, et ça nous qualifie bien,” explique Denis Vuillien, gérant de la maison des vins de Duras.
Malgré leur volonté, ces vignerons, surnommés “les rebelles d’Aquitaine”, pâtissent d’une faible communication. “On a beaucoup moins de moyens que les grosses appellations, donc on est moins visibles,” admet Vuillien. Les Côtes de Duras sont souvent méconnues, même auprès de leurs voisins bordelais.
La pluralité des vins est un atout majeur. “C’est impossible de ne pas trouver un Côte de Duras qui vous correspond,” affirme Régis Geoffroy. Les cépages autorisés dans l’AOC sont nombreux : Sauvignon, Sémillon, Chenin, et pour les rouges, Merlot, Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon et Malbec.
Les prix des bouteilles varient de 6 à 20 euros, ce qui les rend accessibles, et les producteurs estiment que leurs vins “donnent moins de maux de tête que certains Bordeaux.”
La crise viticole a cependant eu un impact significatif. En dix ans, l’appellation a perdu 400 hectares, passant de 1 200 à 800 hectares. Les producteurs misent sur leur résilience et diversifient leurs activités, notamment avec la culture de pruniers et des céréales, représentant environ 25 % de leur activité.
Tournée vers l’avenir, l’appellation compte près de 35 % de producteurs en bio, un chiffre supérieur à la moyenne nationale.
Source : France 3 Aquitaine.

