L’Europe veut enfin son « Dragon » : un contrat record de 760 millions pour une jeune entreprise cofondée par une Française
L’Agence spatiale européenne (ESA) a officialisé un contrat majeur avec The Exploration Company (TEC) lors du Sommet de l’espace, qui s’est tenu les 9 et 10 septembre à Paris. D’un montant pouvant atteindre 760 millions d’euros, ce contrat représente le plus important service de transport spatial jamais signé par l’ESA avec une entreprise européenne.
Cet accord concerne une mission de démonstration de la capsule Nyx, qui sera lancée à bord de la fusée Ariane 6 et devrait s’amarrer à la Station spatiale internationale (ISS) au plus tard au deuxième trimestre 2029. Ce délai coïncide avec la dernière fenêtre disponible pour l’ESA avant le retrait prévu de la station en janvier 2031. Le contrat inclut également deux missions de ravitaillement supplémentaires en option.
Ce contrat ouvre la voie à un accès indépendant pour l’Europe en matière de transport de fret vers l’ISS ou de futures stations commerciales en orbite basse.
Le programme Aladdin (Autonomous LEO Accelerated Demo Docking to ISS Node) vise à établir un service de fret vers et depuis les stations en orbite basse. Ce n’est pas la première fois que l’Europe cherche à garantir un accès autonome à l’espace pour le fret. En effet, l’ESA a précédemment exploité un véhicule cargo entièrement autonome, l’ATV (Automated Transfer Vehicle), entre 2008 et 2014.
L’ESA adopte désormais un rôle de « client de référence », une évolution stratégique par rapport à son rôle précédent de simple financeur de recherche et développement, inspirée des succès des capsules américaines Dragon et Cygnus via le programme COTS de la NASA.
Notons que, bien que deux entreprises aient initialement reçu un financement pour la phase 1 du programme, seule TEC a été retenue pour la phase 2, ce qui témoigne de la qualité de sa proposition technique et commerciale.
Le calendrier de la mission de démonstration reste ambitieux, avec un objectif fixé pour le deuxième trimestre 2029. Toutefois, TEC vise une date plus précoce, novembre 2028. Dans le cadre de ce contrat, TEC financera 40 % des coûts, l’ESA prenant en charge les 60 % restants.
Malgré l’ampleur du contrat, des étapes critiques du développement de la capsule Nyx, telles que le vol orbital et l’amarrage automatisé, n’ont pas encore été validées. L’amarrage autonome à l’ISS représente un défi technologique significatif, ce qui rend le respect des délais particulièrement exigeant.
Source : Futura Sciences
