Une femme enceinte sur quatre connaît une fausse couche, selon des études récentes.

La fausse couche : une expérience vécue par une femme enceinte sur quatre

l’essentielEnviron une femme sur quatre ayant déjà été enceinte a fait un jour l’expérience d’une fausse couche. Dans la majorité des cas, cette situation est prise en charge dans les services d’urgences gynécologiques, où elle est souvent vécue comme inadaptée par celles qui y sont accueillies. 

Les chercheurs de l’Institut national d’études démographiques (Ined) ont examiné la fréquence des fausses couches en France et les conditions de prise en charge des femmes concernées. Leur étude s’appuie sur deux sources de données : l’enquête Fécondité, contraception et dysfonctions sexuelles (FECOND), réalisée entre 2009 et 2011, et le Système national des données de santé (SNDS) couvrant la période de 2013 à 2023. Cette analyse définit une fausse couche comme l’interruption naturelle d’une grossesse avant 22 semaines d’aménorrhée.

22 % des femmes ont subi une fausse couche

Parmi les femmes âgées de 40 à 49 ans, près d’une sur quatre (22 %) a déjà vécu une fausse couche. Dans ce groupe, 17 % ont connu une seule fausse couche, tandis que 6 % en ont vécu au moins deux. En tenant compte de toutes les tranches d’âge, l’Ined estime que 14 % des grossesses déclarées se terminent par une fausse couche.

La grande majorité des fausses couches survient au cours du premier trimestre

La plupart des fausses couches se produisent au début de la grossesse, avec seulement 8 % considérées comme tardives, c’est-à-dire après 14 semaines d’aménorrhée. Ces cas tardifs représentent 0,6 % de l’ensemble des grossesses déclarées. Les données du SNDS, moins précises, suggèrent qu’environ 10 % des grossesses se terminent par une fausse couche, une proportion qui aurait légèrement diminué au cours des dernières années.

Un risque de fausse couche plus élevé avant 20 ans et surtout après 34 ans

Selon l’analyse de l’Ined, le risque de fausse couche varie avec l’âge. Il dépasse 10 % chez les femmes de moins de 20 ans et augmente significativement à partir de 34 ans : 8 % à 35 ans, 14 % à 40 ans et 23 % à 45 ans. En revanche, le niveau d’études et la situation financière des femmes ne semblent pas influencer ce risque.

Une prise en charge souvent jugée inadaptée

Pour enrichir leur étude, l’Ined a mené une enquête qualitative intitulée « Fausses couches et inégalités sociales » (Fiso ; 2025), qui s’appuie sur 41 entretiens avec des femmes ayant vécu une fausse couche au cours des cinq dernières années. Les résultats montrent que la prise en charge dans les urgences gynécologiques est souvent jugée inadaptée. Les femmes rapportent des difficultés telles que l’attente dans un environnement partagé avec des femmes enceintes, des informations insuffisantes sur les soins, l’absence de soutien psychologique et des paroles parfois blessantes de la part des soignants.

L’Ined souligne que la part des fausses couches hospitalisées diminue, reflétant une tendance vers des traitements médicaux plutôt que chirurgicaux. Toutefois, les urgences restent le principal lieu de prise en charge. Des changements sont en cours, notamment la possibilité pour les femmes ayant vécu une fausse couche de bénéficier d’un congé indemnisé dès le premier jour à partir de septembre 2024, bien que cette me soit encore peu connue des professionnels de santé. De nouvelles recommandations pour la pratique médicale sont également en préparation par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

* Trois options médicales existent : attendre sans intervention, utiliser un médicament (principalement le misoprostol) ou réaliser une aspiration. Dans certains cas, la fausse couche est déjà terminée lors de la consultation et aucun traitement n’est nécessaire.

Source : Institut national d’études démographiques (Ined)

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