Un trou noir géant révèle une puissance inédite
Un trou noir géant a récemment démontré une force que les scientifiques n’avaient jamais mesurée auparavant. Son souffle est suffisamment puissant pour agiter le gaz d’un amas entier de galaxies, libérant une énergie qui dépasse cent fois les estimations antérieures des astronomes.
Traditionnellement, un trou noir est perçu comme un dévoreur cosmique, attirant à lui gaz, poussière et lumière. Cependant, des recherches récentes ont montré que ces objets célestes pourraient également influencer leur environnement en favorisant la formation de millions de planètes à leur périphérie.
La portée de cette influence reste à déterminer. Les astronomes ont déjà observé que les trous noirs en phase d’accrétion expulsent du gaz à grande vitesse. En mars dernier, le satellite XRISM avait détecté un autre trou noir, IRAS 05189-2524, expulsant du gaz à 14 % de la vitesse de la lumière. Néanmoins, personne ne s’attendait à ce que ces vents puissent s’étendre au-delà de leur galaxie d’origine.
Une étude récente, publiée dans Nature Astronomy par Satoshi Yamada, se concentre sur H1821+643, un quasar situé à 3,4 milliards d’années-lumière dans la constellation du Dragon. Pendant une semaine en septembre 2024, le satellite XRISM a analysé le gaz chaud environnant, révélant que celui-ci se déplace à près de 300 kilomètres par seconde. Les chercheurs ont détecté l’influence de ce souffle jusqu’à 300 000 années-lumière du centre du trou noir, soit trois fois le diamètre de la Voie lactée. Cette agitation à une telle distance n’avait jamais été observée auparavant.
L’énergie libérée par ce phénomène atteint environ cent fois les estimations précédentes, équivalente à plusieurs milliards de supernovae. H1821+643, étant le quasar le plus proche de nous dans un amas de galaxies, représente une cible idéale pour cette recherche. Les résultats de cette étude incitent à reconsidérer la quantité d’énergie que ces trous noirs restituent à leur environnement. Toutefois, il convient de rester prudent, car un seul cas ne peut pas établir une règle générale. D’autres observations sur des quasars similaires sont prévues pour confirmer si ce phénomène est exceptionnel.
Source : NASA/CXC, Nature Astronomy.



