Ils mangent sans grossir : copier ce détail dans leurs gènes pourrait faire la différence pour votre santé
Les personnes porteuses d’une variante génétique rare présentent naturellement un faible taux de graisse corporelle, un foie plus sain et une meilleure glycémie, leur permettant de maintenir un poids stable sans restriction alimentaire. Cette découverte émane d’une étude récente portant sur plus d’un million de personnes réparties sur trois continents, publiée dans Nature.
Le gène FNIP1, un acteur clé dans la dépense énergétique
Il est bien connu que nous ne sommes pas tous égaux face aux effets de l’alimentation sur notre poids. Ce constat a incité les scientifiques à explorer l’influence des facteurs génétiques sur le métabolisme et la prédisposition à l’obésité. Pour ce faire, ils ont rassemblé un vaste ensemble de données, identifiant des schémas dans les variants génétiques associés à un métabolisme plus sain. Les chercheurs ont analysé les données génétiques et les dossiers médicaux de 1 032 116 personnes, réparties dans 11 groupes d’étude en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.
L’étude a révélé que 59 gènes indépendants influencent directement la façon dont le corps équilibre l’énergie, stocke les graisses et gère le métabolisme. La majorité de ces gènes impactent le foie et le tissu adipeux. Parmi eux, 23 sont déjà ciblés par des traitements médicamenteux contre l’obésité, soit approuvés soit en cours d’étude.
Les scientifiques ont également observé que les porteurs d’une variante rare inhibant le gène FNIP1 affichent un profil métabolique très sain. Ce gène freine la dépense énergétique, empêchant les cellules de consommer trop d’énergie.
Des souris qui ne prennent pas de poids malgré une alimentation riche en graisses et en sucres
Les individus porteurs de cette variante génétique présentent des taux de lipides sanguins plus faibles, ainsi qu’un poids et un pourcentage de masse grasse inférieurs à ceux des non-porteurs. De plus, leur glycémie est plus basse, avec moins de graisses stockées dans le foie.
Pour confirmer cette hypothèse, les chercheurs ont inhibé le gène FNIP1 dans des cellules hépatiques humaines, ce qui a activé des gènes responsables de la dégradation des graisses et de l’élimination des déchets cellulaires. Ils ont ensuite testé cet effet chez des souris, qui n’ont pas pris de poids ni accumulé de graisse dans le foie, même après un régime riche en graisses et en sucres pendant 30 semaines.
Ces résultats suggèrent que le gène FNIP1 joue un rôle essentiel dans la transformation des aliments en énergie et dans la régulation des biomarqueurs métaboliques tels que la glycémie, le cholestérol et les triglycérides. Le développement de médicaments inhibant ce gène pourrait potentiellement offrir une solution efficace contre l’obésité, le diabète et les maladies cardiaques.
Environ une personne sur 7 000 est porteuse d’une mutation génétique rare et naturelle qui désactive une copie du gène FNIP1. Si vous parvenez à maintenir un poids stable sans modifier votre alimentation, vous pourriez être l’un de ces rares porteurs.
Source : Nature



