Un gendarme jugé pour menaces de mort dans une affaire d’escroquerie
Un gendarme à la retraite a été jugé par le tribunal correctionnel de Nantes pour des « menaces de mort réitérées » qu’il a proférées le 8 octobre 2025 à Vertou, en Loire-Atlantique, dans le cadre de ses fonctions. Le jugement, actuellement en délibéré, devrait être rendu le 14 septembre 2026.
Le prévenu, qui a été suspendu et a quitté l’institution, a eu une conversation téléphonique de 48 minutes avec la mère d’un jeune de 17 ans suspecté d’une « escroquerie sur personne vulnérable » dans la commune des Sorinières. Ce jeune homme était accusé d’avoir agi en tant que « faux conseiller du Crédit mutuel ». Le gendarme a exprimé son souhait de l’entendre rapidement dans le cadre de son enquête.
Lors de l’appel, il a déclaré à la mère : « Votre fils il est mort : il est sous terre, on va le péter », et a menacé de l’inculper pour complicité si elle ne collaborait pas. Il a également évoqué une opération policière à venir dans un quartier sensible de Nantes, menaçant de « décalquer » la tête du jeune homme.
La conversation a été enregistrée par le compagnon de la mère après quinze minutes. Lors de l’audience, la présidente du tribunal a souligné l’inadéquation de l’attitude du gendarme, qui avait déjà été sanctionné par le passé pour des comportements similaires.
L’ancien gendarme a reconnu s’être « trop investi » dans cette affaire, qui a été exacerbée par des problèmes personnels, notamment un divorce difficile et des tensions avec ses enfants. Il a également mentionné avoir été victime d’un vol avec violence lors d’un match de football.
Le procureur a requis cinq mois de prison et une interdiction d’exercer ses fonctions pendant cinq ans, soulignant que le comportement du gendarme était un débordement inacceptable pour un professionnel ayant trente ans de service.
L’avocate de la défense a plaidé pour une relaxe, arguant que les propos du gendarme relevaient de « l’argot de la police judiciaire » et qu’il était en état dépressif. Elle a demandé à la juge de prendre en compte son absence de casier judiciaire et ses antécédents professionnels.
La décision finale du tribunal est attendue le 14 septembre 2026.
Source : France 3 Régions

