À 25 milliards de kilomètres de la Terre, un disque d’or voyage depuis 1977
Il y a des objets qui traversent le temps sans jamais s’arrêter. Parmi eux, la sonde Voyager 1, lancée en 1977, s’enfonce dans le vide interstellaire, emportant un message gravé sur un disque doré. Ce disque, conçu pour communiquer avec d’éventuelles civilisations extraterrestres, contient des images illustrant l’humanité. Cependant, une photographie emblématique a été retirée juste avant le décollage, révélant des tensions culturelles significatives.
Le disque d’or : une capsule temporelle
Les sondes Voyager, au-delà de leurs instruments scientifiques, transportent un disque en cuivre plaqué or, véritable capsule temporelle. Sous l’égide de l’astronome Carl Sagan, un comité a sélectionné 116 images, des sons, des musiques et des salutations dans diverses langues, visant à offrir un aperçu de la diversité de la vie terrestre.
Aujourd’hui, Voyager 1 et Voyager 2 sont les deux seuls objets fabriqués par l’homme à avoir atteint l’espace interstellaire. En mars 2012, Voyager 1 se trouvait à plus de 17,9 milliards de kilomètres du Soleil, tandis que Voyager 2 était à plus de 14,7 milliards de kilomètres. Carl Sagan avait souligné que ce message pourrait ne jamais être reçu, mais qu’il portait un espoir sur l’existence de la vie.
Une photo évincée
Parmi les images envisagées pour le disque, une devait représenter un homme et une femme enceinte, tous deux nus. Cette photographie visait à illustrer la reproduction humaine de manière honnête. Cependant, la NASA a interdit cette image à la dernière minute, en réponse à des critiques antérieures concernant des représentations nues sur les sondes Pioneer 10 et 11.
Un compromis artistique
Face à cette cen, un compromis a été trouvé : un simple contour du couple, avec un fœtus dans le ventre de la femme, a été choisi à la place. Ce dessin, moins explicite, a apaisé les craintes de la NASA tout en conservant l’intention initiale.
Paradoxalement, le disque d’or inclut un schéma d’évolution des vertébrés représentant des dessins anatomiquement corrects d’un homme et d’une femme nus, illustrant que la limite de la NASA concernait davantage le réalisme photographique associé à la sexualité que la nudité elle-même.
Réflexion sur la cen
Cette anecdote révèle les tensions entre rigueur scientifique et pudeur culturelle dans l’Amérique des années 1970. La volonté de présenter l’humanité sincèrement, tout en craignant la réaction du public face à un corps nu, souligne la sensibilité autour de la représentation du corps humain.
Près de cinquante ans après leur lancement, Voyager 1 et Voyager 2 poursuivent leur voyage, avec un message qui dérivera dans le silence du cosmos. Dans environ 40 000 ans, Voyager 1 passera à 1,6 année-lumière de l’étoile Gliese 445, tandis que Voyager 2 s’approchera de l’étoile Ross 248. Leur message, avec ses imperfections et compromis, reste une trace d’un rapport complexe entre science et humanité.
Source : SciencePost
