Tunisie : un été caniculaire met en lumière les vulnérabilités du pays

Tunisie: retour sur un été 2026 caniculaire, révélateur des vulnérabilités du pays

Tunisie : Retour sur un été 2026 caniculaire

Publié le : 13/09/2026 – 09:19
Modifié le : 13/09/2026 – 09:23

En Tunisie, l’été 2026 a été marqué par des températures caniculaires et des coupures d’eau fréquentes, entraînant des difficultés d’approvisionnement en eau minérale à l’approche de la rentrée. Bien que la situation tend à se normaliser, les crises vécues cet été ont exacerbé les comportements de stockage et révélé une méfiance croissante envers l’État.

Dans le centre-ville de Nabeul, à 60 kilomètres de Tunis, il est devenu difficile de se procurer de l’eau en bouteille. Skander, un commerçant local, souligne : « Ce n’est pas une crise que nous avons eue, mais des crises en continu. L’électricité, l’eau, les produits de première nécessité… Les gens continuent de stocker chez eux, par peur. » Il précise qu’il reçoit désormais des livraisons de deux palettes d’eau par jour, qui se vendent en quelques heures.

Manque d’anticipation

Ahmed, le frère de Skander, a dû faire face aux coupures d’eau dans sa maison familiale, où deux de ses parents sont malades. Il évoque un manque d’anticipation des autorités : « Nous sommes le quatrième pays consommateur d’eau embouteillée au monde, avec une consommation d’environ sept millions de litres par jour. Avec la canicule et le pic de consommation estivale, les autorités ne pouvaient pas anticiper ? » Il déplore également des lois récentes qui compliquent le stockage stratégique pour les petits commerçants.

Le syndicat des producteurs de boissons non alcoolisées a annoncé la mise en place d’un stock stratégique de 200 millions de litres d’eau embouteillée pour l’année prochaine, afin de répondre à la demande croissante. Les problèmes de stress hydrique et de sécheresse, reconnus depuis des années, ont été exacerbés par la canicule de cet été.

Une vision globale nécessaire

L’expert en politiques agricoles Faouzi Zayani appelle à une approche plus globale : « Il y a plein d’experts, mais la situation s’aggrave. Il n’y a pas de leçons tirées ni de réformes profondes. » Il souligne que la Tunisie, l’un des pays d’Afrique du Nord les plus touchés par le changement climatique, nécessite une stratégie à court, moyen et long terme, ainsi qu’une transparence accrue dans la gestion des crises.

La canicule de cet été a mis en lumière des failles dans la gouvernance tunisienne face aux enjeux environnementaux et sociaux. La population, en quête de solutions, semble de plus en plus impatiente face à l’absence de mes concrètes.

Source : RFI

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