Trump laisse « de la place » aux négociations avec l’Iran après deux nuits sans frappes
Par les bureaux de l’AFP à Téhéran et Washington
Donald Trump laisse « de la place » pour des pourparlers avec l’Iran, selon son ambassadeur à l’ONU, après deux nuits sans frappes américaines contre le pays. « Ce que fait le président en ce moment […] c’est laisser de la place aux négociations. Les négociations se poursuivent », a assuré dimanche Mike Waltz dans des médias américains, tout en soulignant que M. Trump n’avait pas renoncé à la nouvelle escalade dont il a menacé la République islamique : il « garde toutes les options sur la table ».
Aucun bombardement américain n’a été signalé en Iran depuis vendredi soir, marquant une pause dans les hostilités après deux semaines de bombardements sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril. De son côté, l’Iran n’a revendiqué aucune attaque contre ses voisins du Golfe alliés de Washington, et ces derniers n’ont fait état d’aucune alerte nocturne. « Comme notre stratégie est essentiellement basée sur la riposte, nous avons également interrompu nos opérations », a commenté le porte-parole de l’armée iranienne, Mohammad Akraminia.
La presse américaine fait état d’un possible manque de munitions, notamment d’intercepteurs Patriot, alors que la guerre dure depuis bientôt cinq mois. Selon le New York Times, qui cite deux sources proches du dossier, le gouvernement s’inquiète de l’affaiblissement du stock de systèmes d’interception de missiles Patriot et d’autres équipements défensifs protégeant les pays de la région. L’armée américaine dispose « de tout ce dont elle a besoin pour mener cette campagne avec toute l’efficacité requise », a rétorqué Mike Waltz, annonçant le déploiement au Moyen-Orient de « davantage de ressources ».
Pour Téhéran, les États-Unis sont dans une situation « difficile et instable » et cherchent probablement « une nouvelle stratégie », a estimé Mohammad Akraminia. À deux jours d’une visite à Washington de Benjamin Netanyahou, partisan d’une ligne dure, il a mis en garde les Américains : s’ils « se laissent à nouveau tromper » par Israël et « insistent pour continuer la guerre, particulièrement par des frappes aériennes, elle s’étendra géographiquement ».
La guerre au Moyen-Orient a débuté le 28 février avec une campagne de bombardements israélo-américains contre l’Iran, et fait des milliers de morts dans la région. Elle a également ébranlé l’économie mondiale en bloquant le trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant-guerre un cinquième du commerce mondial des hydrocarbures.
Si une accalmie semble s’être installée depuis deux jours dans le Golfe, les hostilités se sont intensifiées sur un nouveau front, opposant l’Arabie saoudite aux rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran. En retour, les houthis ont attaqué le territoire saoudien pour la première fois depuis 2022, visant notamment des sites pétroliers.
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