Toxicités liées au 5-FU : ce que RoseUp a porté auprès de la HAS, et ce qu'elle en a retenu

Toxicités liées au 5-FU : les recommandations de RoseUp auprès de la HAS

Le 5-FU (5-fluorouracile), l’une des chimiothérapies les plus prescrites en France, peut entraîner des toxicités sévères chez les patients dont l’enzyme DPD fonctionne mal. Bien qu’un dépistage sanguin obligatoire existe depuis 2019, la Haute Autorité de santé (HAS) a examiné la pertinence d’une analyse génétique complémentaire. RoseUp a été consultée pour donner son avis sur cette question.

Le 5-FU et sa forme orale, la capécitabine, sont largement utilisés dans le traitement des cancers digestifs et du sein. Ces médicaments sont normalement dégradés par l’enzyme DPD. Cependant, chez certains patients, un dysfonctionnement de cette enzyme peut entraîner une accumulation du médicament, occasionnant des toxicités graves, parfois mortelles.

Le dépistage du déficit en DPD : une avancée obtenue grâce à RoseUp

Depuis 2019, un dépistage est requis avant tout traitement par 5-FU ou capécitabine. Cette me a été obtenue grâce à la mobilisation de RoseUp et de l’AV5FU. Le dépistage repose sur la me de l’uracilémie, un marqueur indirect de l’activité de la DPD. Une méthode alternative, le génotypage, consiste à analyser le gène DPYD, responsable de la production de l’enzyme.

Cet été, la HAS a publié un rapport pour évaluer l’intégration de cette analyse génétique dans les panels remboursés par l’Assurance maladie. RoseUp a présenté ses recommandations à la HAS, en se basant sur les retours de ses adhérents et des professionnels de santé.

Recommandations de RoseUp à la HAS

RoseUp a formulé trois demandes principales :

  1. Intégration systématique du gène DPYD : Le dosage par uracilémie peut ne pas détecter certains déficits. RoseUp a cité un cas où une patiente a été hospitalisée en réanimation pour une toxicité sévère, malgré une uracilémie normale. Le génotypage avait alors révélé une anomalie. RoseUp a demandé que le génotypage soit réalisé systématiquement avant tout traitement par 5-FU.

  2. Harmonisation des règles d’adaptation de dose : Une uniformisation est nécessaire pour mettre fin aux différences de pratiques entre établissements.

  3. Respect de l’obligation de dépistage : RoseUp a souligné l’urgence d’appliquer cette obligation, notant qu’un rapport indiquait que 18 % des traitements étaient initiés sans résultat de dépistage.

Réponse de la HAS

La réponse de la HAS a été mitigée. Elle a confirmé que le phénotypage par uracilémie demeure l’examen de première intention. Le génotypage du gène DPYD n’est recommandé qu’en seconde intention, pour les patients présentant des toxicités inexpliquées ou un phénotypage anormal. Cependant, le gène DPYD sera intégré parmi les gènes « indispensables » du panel remboursable, sécurisant ainsi son remboursement.

La HAS a également mentionné qu’une réflexion sur la stratégie de dépistage est en cours au sein d’un groupe de travail piloté par l’INCa, ce qui pourrait conduire à une évolution des recommandations.

Suivi de la mise en œuvre du dépistage

Concernant le respect du dépistage obligatoire, la HAS a co-saisi l’INCa et l’ANSM pour évaluer sa mise en œuvre. RoseUp a été reçue par la DGOS à ce sujet, ce qui montre que son alerte a été entendue.

Bien que des progrès aient été réalisés, la situation reste à suivre. RoseUp continuera à s’engager pour que la sécurité des patients soit priorisée.

(Source : RoseUp)

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