Niger : des tirs entendus dans plusieurs quartiers de Niamey
Plusieurs témoignages et publications sur les réseaux sociaux font état de tirs et détonations samedi 29 août au matin dans la capitale du Niger, Niamey. Les tirs ont été notamment entendus autour de la base militaire attenante à l’aéroport international, qui a été attaqué à deux reprises cette année par des jihadistes.
L’origine des tirs reste inconnue et aucune communication officielle n’a été émise jusqu’à présent. Un riverain a indiqué à l’AFP : « Il y a des tirs nourris et des détonations au niveau de la base 101 de Niamey », une information confirmée par d’autres témoins. Les premiers tirs ont été signalés vers 1 h (00 h GMT) et se sont poursuivis à l’aube, selon une vidéo publiée par un journaliste local. Un habitant d’un autre quartier, Koira Kano, a affirmé avoir entendu des tirs sporadiques d’armes légères vers 5 h (4 h GMT).
Sur les réseaux sociaux, plusieurs publications ont également évoqué des tirs et explosions en ville, notamment dans la zone administrative qui abrite le palais présidentiel et la télévision nationale, qui émettait toujours samedi matin. D’autres publications montraient des véhicules blindés déployés en renfort dans un quartier proche de l’aéroport, tandis que des communicants proches de la junte affirmaient que « la situation est sous contrôle ».
Base militaire sensible
Le Niger est dirigé depuis trois ans par une junte qui peine à endiguer les violences jihadistes persistantes. L’aéroport de Niamey a été ciblé deux fois cette année, d’abord par l’État islamique en janvier, puis en juin par le JNIM, la branche sahélienne d’Al-Qaida. Les deux attaques avaient été repoussées par l’armée, mais en juin, 11 soldats et deux civils avaient été tués.
La base 101 de l’armée de l’air, située dans le complexe de l’aéroport international, abrite notamment le quartier général des partenaires russes de Niamey ainsi que l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES) que le Niger forme avec le Burkina Faso et le Mali. Ce site est sensible, ayant accueilli entre décembre et janvier une importante cargaison de concentré d’uranium, qui est restée bloquée en attendant d’être exportée.
Le Niger, gouverné par un régime militaire depuis un coup d’État en juillet 2023, fait face depuis le milieu des années 2010 aux jihadistes, comme ses voisins le Burkina Faso et le Mali. Les attaques meurtrières visant civils et militaires restent récurrentes, notamment dans la région de Tillabéri, à la frontière du Mali et du Burkina Faso.
Avec AFP

