La rentrée risque d’être très chaude
La colère monte au sein de la Direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Habituellement peu revendicatifs, les salariés, de plus en plus sollicités pour les besoins de la dissuasion nucléaire, réclament une revalorisation de leur rémunération. Les discussions portent sur une enveloppe de 100 millions d’euros, rendant la rentrée particulièrement tendue.
Ce mouvement est rare au sein du CEA. Le 19 juin dernier, au centre de Bruyères-le-Châtel (Essonne), environ 300 personnes ont fait grève, débrayant pendant 59 minutes. Une vingtaine de jours plus tard, le 9 juillet, plus de 200 salariés ont manifesté au CEA Ripault, près de Tours, et un regroupement a eu lieu au CEA Valduc, près de Dijon. Un délégué de la CGT a noté que cette mobilisation est inédite pour la Direction des applications militaires, où les salariés sont généralement peu revendicatifs.
« Il y aura d’autres mouvements. La rentrée risque d’être très chaude et ce ne sera pas à cause de la canicule », a averti un représentant syndical de la CFDT, ajoutant que sans réponse de l’État d’ici septembre ou octobre, les salariés pourraient vouloir s’exprimer.
Des assemblées générales sont prévues dans les neuf centres du CEA à la mi-septembre, de Marcoule à Saclay, en passant par Grenoble. Un délégué de la CFE-CGC a mentionné que des manifestations devant Bercy sont également envisagées, ainsi qu’une mobilisation à Saclay, siège du CEA.
L’origine de cette mobilisation réside dans la question des rémunérations. Selon le Syndicat national du nucléaire de la métallurgie S2NM-CFDT, la valeur du point de la grille indiciaire des salariés du CEA n’a pas été revalorisée depuis 16 ans, soit 5 840 jours. Les salariés attendent un geste significatif pour compenser les 30 % d’inflation subie depuis 2010.
Source : La Tribune.


