Suisse : le plafonnement des soins inquiète les médecins

Le plafonnement des soins inquiète les médecins en Suisse

Le Parlement suisse envisage d’imposer une limite aux prestations pouvant être facturées chaque jour par les médecins à l’assurance obligatoire, une me destinée à réduire les coûts de la santé. Cette initiative suscite de vives inquiétudes au sein du corps médical, qui redoute un éventuel rationnement des soins.

La réforme prévoit que les prestations remboursées par médecin et par jour soient plafonnées à 1577 points tarifaires, correspondant à environ douze heures de travail. Ce compromis a été élaboré entre la Fédération des médecins suisses (FMH), les hôpitaux et les asurs, à la demande du Conseil fédéral. Son entrée en vigueur est prévue pour début 2027, sous réserve de l’approbation du gouvernement.

Une pétition contre ce plafonnement a déjà recueilli près de 30 000 signatures, principalement de médecins. Les opposants affirment que cette me pourrait influencer les décisions médicales en se basant sur des normes administratives et craignent qu’elle ne compromette la stratégie de soins ambulatoires au détriment des hospitalisations.

Pour le docteur Jean Vaudaux, président des ophtalmologues vaudois, cette réforme pourrait avoir des conséquences directes sur l’accès aux soins des patients, entraînant des délais d’attente plus longs et diminuant la capacité des médecins à évaluer l’urgence de certaines pathologies. En revanche, Christoph Kilchenmann, directeur adjoint de Prio.Swiss, estime que la limite est suffisamment élevée pour éviter des difficultés dans la plupart des situations, ajoutant que les tarifs pourront être ajustés si nécessaire.

Philippe Eggimann, vice-président de la FMH, précise que le plafonnement ne concerne que les prestations médicales et exclut les frais techniques tels que les examens de laboratoire ou la radiologie.

Un des objectifs de cette réforme est de lutter contre les surfacturations, notamment dans les cas où certains médecins facturent des volumes d’activité dépassant les vingt-quatre heures quotidiennes. Cependant, ces situations ne signifient pas nécessairement que le médecin travaille seul durant toute cette période, car d’autres membres du personnel peuvent effectuer des actes sous sa responsabilité.

Des inquiétudes persistent quant à la possibilité que cette limitation favorise le développement d’une médecine privée parallèle, où certains praticiens pourraient choisir de réserver une partie de leur activité à des patients non couverts par l’assurance obligatoire.

Les modalités d’application de cette me, notamment en cas de dépassement du plafond, restent à définir. La FMH appelle à ce que ces modalités soient adaptées à la réalité du terrain afin de préserver la médecine ambulatoire. Le Conseil fédéral doit encore se prononcer sur la mise en œuvre définitive de cette réforme.

Source : RTS

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