La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
La série espagnole La Casa de papel, initialement diffusée sur Antena 3 en 2017, a connu un parcours atypique, passant d’un semi-échec à un succès mondial fulgurant. Initialement, les téléspectateurs espagnols ont jugé le programme peu convaincant, entraînant une perte d’audience rapide après un bon départ. En fin d’année 2017, Netflix acquiert les droits mondiaux de la série, remaniant les quinze épisodes en vingt-deux, avant de les intégrer dans son catalogue sans promotion significative.
Un retournement grâce à l’algorithme
Peu après son ajout sur Netflix, La Casa de papel a gagné en popularité, d’abord dans quelques pays, puis à l’échelle mondiale. En France, par exemple, la série a atteint jusqu’à 14 % de la consommation totale de Netflix en 2018. La saison 3, lancée en juillet 2019, a été visionnée par 34 millions de foyers en une semaine, tandis que la saison 4, diffusée en avril 2020, a attiré 65 millions de foyers en un mois, établissant un record pour une série non anglophone sur la plateforme.
Impact et influence
Le succès de la série a également eu des répercussions culturelles. Le chant Bella Ciao, traditionnellement associé à la résistance contre le fascisme, a été remis au goût du jour, devenant un hymne pour les personnages de la série. De plus, la façade de la banque centrale présentée dans la série est devenue un lieu de selfies pour les touristes, et le masque de Salvador Dali, symbole des braqueurs, a pris une dimension iconique, représentant une forme de révolte contre le capitalisme.
Conséquences pour l’Espagne
La Casa de papel a non seulement redéfini l’image de l’Espagne à l’international, mais a également stimulé l’industrie audiovisuelle du pays. En 2019, Netflix a ouvert ses premiers studios hors des États-Unis à Tres Cantos, générant plus de 10 000 emplois. En mars 2021, le gouvernement espagnol a engagé 1,6 milliard d’euros pour soutenir le secteur audiovisuel, visant à faire de l’Espagne le « Hollywood de l’Europe ».
En somme, ce qui a commencé comme un projet jugé raté est devenu un phénomène mondial, transformant l’Espagne en un acteur majeur de la production audiovisuelle.
Source : L’Express
