Comment peut-on empêcher deux personnes de s’aimer ?
Près d’un an après le suicide de Caroline Grandjean, victime de harcèlement homophobe dans le Cantal, Christine Grandjean-Paccoud dénonce les défaillances de l’Éducation nationale et attend toujours des avancées de la justice.
Le 1er septembre 2025, Caroline Grandjean se donne la mort. Harcelée en raison de son homosexualité, elle subissait depuis deux ans des insultes homophobes et des menaces de mort dans son village du Cantal. Cinq mois plus tard, une enquête administrative de l’Éducation nationale met en évidence plusieurs défaillances. Le ministre de l’Éducation propose alors une indemnisation financière à son épouse, un geste que Christine Grandjean-Paccoud a d’abord du mal à comprendre.
Aujourd’hui, Christine Grandjean-Paccoud est encore sous le choc du suicide de sa compagne. Elle exprime son désespoir et sa colère face à la situation : « Je vais comme je peux. Il y a des jours où je vais avoir suffisamment de force pour faire des choses, pour avancer. Il y a des jours où je vais m’écrouler. Je m’en donne le droit. »
À l’issue de l’enquête, l’Éducation nationale a reconnu une défaillance institutionnelle, mais aucune faute individuelle n’a été identifiée. Christine souligne que des courriers prémonitoires, signalant le danger auquel Caroline était exposée, sont restés sans réponse. Elle déclare : « Les syndicats avaient adressé, au mois de mai, un courrier indiquant clairement que Caroline était en danger. Pourtant, il est resté sans réponse. »
Près d’un an après le suicide de Caroline, Christine tente de se reconstruire et de vivre pour sa mémoire. Elle partage que d’autres enseignantes l’ont contactée, confrontées à des situations similaires : « Des couples de femmes m’ont contactée parce qu’elles se cachaient. On sait qu’on est vulnérable quand on est un couple de lesbiennes ou un couple gay. Je ne comprendrai jamais comment peut-on empêcher deux personnes de s’aimer. »
Aujourd’hui, Christine Grandjean-Paccoud attend des avancées du côté du ministère de l’Éducation nationale et de la justice. L’enquête sur les menaces et les tags homophobes qui avaient visé son épouse n’a, pour l’instant, que peu avancé. Plusieurs projets autour de ce drame sont en cours, incluant des livres et des documentaires, ainsi que des hommages lors d’événements culturels ou militants.
Source : Franceinfo.


