Les stocks belges de gaz au plus bas: quelle conséquence sur votre facture?

Les stocks belges de gaz au plus bas : quelles conséquences sur votre facture ?

En raison de la guerre au Moyen-Orient, les stocks belges de gaz naturel sont moins remplis que la moyenne européenne. Le pays a jusqu’au 1er décembre pour remplir ses réserves à 80%, mais y parviendra-t-il ?

La réserve de gaz naturel belge est actuellement remplie à environ 31%, a indiqué un porte-parole de Fluxys, gestionnaire du réseau de transport de gaz. Le renflouement de la réserve en prévision de l’hiver est, en effet, beaucoup plus lent que d’habitude. En raison de la hausse des prix du gaz, les fournisseurs se montrent plus prudents.

Fluxys avait déjà indiqué qu’un fournisseur avait commencé à remplir la capacité de réserve le 1er juillet, après qu’un accord de principe entre les États-Unis et l’Iran semblait mettre fin au conflit. Cependant, il y a deux semaines, les hostilités ont repris, et l’espoir d’une issue diplomatique est ténu. Selon Fluxys, des injections continuent néanmoins dans la réserve belge, se faisant « régulièrement », a précisé un porte-parole.

La Belgique accuse un retard par rapport au reste de l’Union européenne, où les réserves sont en moyenne remplies à 54%. Ce niveau est également bien inférieur à la normale pour cette période de l’année.

Du gaz pour 450.000 ménages

La réserve de gaz belge est limitée en volume, concernent une seule installation à Loenhout, avec une capacité de stockage souterraine de 7,6 térawattheures (TWh). Selon Fluxys, cela correspond à la consommation annuelle d’environ 450.000 foyers. En comparaison, la capacité de stockage aux Pays-Bas est de 145 TWh.

La Belgique dispose également de lignes directes de gaz avec le Royaume-Uni et la Norvège, ainsi que d’un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) à Zeebrugge, ce qui réduit sa dépendance au stockage en hiver. Les États membres de l’Union européenne ont jusqu’au 1er décembre pour remplir leurs réserves de gaz, qui doivent normalement atteindre 90%. Toutefois, en raison de la guerre en Iran, la Commission européenne a réduit cet objectif à 80% cette année.

Hausse des prix

La faiblesse des stocks pourrait, en partie, faire grimper la facture des ménages belges. À partir de 2027, aucun État membre de l’UE ne pourra importer de gaz russe, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la Belgique, qui a importé 11,6% de son gaz depuis la Russie en 2025, selon le SPF Économie.

La situation est jugée « inquiétante » pour l’Europe, selon Adel El Gammal, professeur en géopolitique de l’énergie à l’ULB. Le taux de remplissage des réserves belges n’aura toutefois que peu d’incidence directe sur les factures cet hiver. En effet, un déficit d’offre sur le marché du GNL croise une période de forte demande, entraînant inévitablement une hausse des prix.

Le 24 juillet, le prix du MWh a atteint 63,84 euros, son plus haut niveau depuis mars 2026.

Source : Fluxys, SPF Économie

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