SpaceX lance le premier satellite nucléaire privé de l’Histoire : c’est une révolution

SpaceX lance le premier satellite nucléaire privé de l’Histoire : un tournant dans l’exploration spatiale

Le 7 juillet, une fusée Falcon 9 de SpaceX a décollé avec succès depuis la base de Vandenberg en Californie, emportant à son bord 81 petits satellites pour la mission partagée Transporter-17. Parmi ces engins, un CubeSat de moins de 6 kilos, baptisé BOHR, a particulièrement retenu l’attention. Conçu par la startup floridienne City Labs, il représente le tout premier satellite commercial à embarquer une technologie nucléaire en orbite.

L’utilisation de l’atome dans l’espace remonte aux années 1960, mais elle a toujours été réservée aux agences gouvernementales. Avec ce lancement, City Labs devient la première entreprise privée à obtenir les autorisations nécessaires de la Federal Aviation Administration (FAA) pour un tel projet. Cette mission vise à démontrer que « des systèmes nucléaires sûrs, compacts et approuvés par les autorités sont désormais prêts pour un déploiement commercial régulier », a déclaré Peter Cabauy, PDG de City Labs.

La technologie embarquée sur BOHR repose sur un principe bêtavoltaïque, utilisant la désintégration naturelle du tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène, pour produire de l’électricité. Contrairement aux réacteurs traditionnels, ce système, nommé « NanoTritium », fonctionne comme une pile miniature. Les particules bêta émises lors de la désintégration frappent un semi-conducteur, générant ainsi un courant électrique direct. Les particules bêta sont si faibles qu’elles ne peuvent pas traverser la peau humaine, et le tritium est piégé sous forme solide, éliminant tout risque de fuite ou d’explosion. Cette source d’énergie a une longévité exceptionnelle, capable de fournir un courant continu pendant plus de 20 ans.

Bien que BOHR ne soit pas propulsé par le nucléaire, il est équipé de panneaux solaires classiques. Sa pile fonctionne comme une charge utile indépendante, permettant de valider ses performances en conditions réelles. Si les tests sont concluants, cela pourrait avoir des implications majeures pour l’exploration spatiale, notamment en réduisant la dépendance aux sources d’énergie solaires et aux batteries traditionnelles.

Le satellite pourrait également jouer un rôle clé dans le cadre du programme Artemis de la NASA, qui vise à explorer le pôle Sud de la Lune, une région en ombre permanente abritant d’importantes réserves de glace d’eau. City Labs envisage d’utiliser cette technologie pour alimenter directement les futures infrastructures lunaires.

Source : Space.com

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