ENTRETIEN. Deuxième sortie dans l'espace de Sophie Adenot :

Sophie Adenot : Deuxième sortie dans l’espace, les défis et sensations partagés par Thomas Pesquet

Une semaine après sa première sortie, la française Sophie Adenot a de nouveau quitté la Station spatiale internationale (ISS) pour poursuivre sa mission. Dans un entretien accordé à franceinfo, l’astronaute de l’Agence spatiale européenne, Thomas Pesquet, a partagé ses souvenirs et les enjeux d’une sortie extravéhiculaire.

« Sous nos pieds, il y a 400 kilomètres de vide et, à ce moment, le cerveau envoie un signal de mort. Il ne faut surtout pas avoir peur », a déclaré Thomas Pesquet, en évoquant l’intensité de l’expérience. Lors de cette sortie, Sophie Adenot a remplacé une antenne de communication cruciale. « Pendant six à sept heures, il faut constamment écraser l’équivalent de balles de tennis », a-t-il ajouté, soulignant la fatigue engendrée par cette activité.

Pesquet a expliqué que le niveau de risque est bien plus élevé à l’extérieur de la station. « Tant qu’on est à l’intérieur, on est protégé par une paroi de métal. En sortant, on devient notre propre vaisseau spatial », a-t-il précisé. Il se souvient de sa première sortie, où il a dû se concentrer pour apprécier le paysage, tout en sachant que les caméras de NASA TV filmaient chaque mouvement.

Concernant la fatigue physique, il a souligné que le scaphandre pressurisé rend les mouvements plus difficiles, nécessitant une force importante. « On doit constamment lutter contre la pression pour fermer les mains, ce qui est extrêmement fatigant », a-t-il expliqué.

La peur, quant à elle, peut être un obstacle. « Il faut apprendre à son cerveau que c’est normal. Si on a trop peur, on va s’accrocher à la paroi, ce qui fatigue les mains », a-t-il averti. En effet, lors d’une sortie extravéhiculaire, le cerveau peut envoyer des signaux de danger, qu’il est crucial d’apprendre à ignorer.

Sur le pilotage du bras robotique, Pesquet a précisé que ce sont les astronautes restés à l’intérieur de l’ISS qui s’en chargent. Il a eu l’occasion de piloter ce bras lors de ses missions, une expérience qu’il a décrite comme plaisante.

En regardant dans le vide, il a noté que l’on est souvent concentré sur la structure de l’ISS, mais que lorsqu’on est sur le bras robotique, on peut admirer la Terre, « comme une grosse boule qui tourne ».

Enfin, Thomas Pesquet a mentionné qu’il se prépare pour une nouvelle mission de deux semaines prévue à l’été 2027, où il sera commandant. « Nous allons maximiser le retour scientifique de cette station qui devrait s’arrêter d’ici 2032 », a-t-il conclu.

Source : franceinfo

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