Sophie Adenot de retour dans l’espace : comment les astronautes préparent-ils leurs sorties en orbite ?
Sophie Adenot s’apprête à réaliser sa deuxième sortie extravéhiculaire depuis la Station spatiale internationale (ISS) mardi 25 août, une semaine après sa première sortie le 18 août, qui a marqué un moment historique en tant que première sortie d’une Française dans l’espace. Accompagnée de l’Américain Anil Menon, elle doit finaliser l’installation d’une antenne de communication laissée inachevée lors de leur précédente mission. Cette sortie, qui se déroulera à 400 kilomètres de la Terre, est le résultat d’une préparation minutieuse entamée des années auparavant.
Avant de pouvoir envisager une sortie extravéhiculaire, un astronaute suit un parcours en trois étapes, réparties entre les pays partenaires de l’ISS. La première année consiste en une formation de base axée sur la science spatiale, la médecine et les systèmes de la station, avec des exercices de plongée préparant aux sorties. Ensuite, une formation avancée permet à l’astronaute de se familiariser avec la robotique, la navigation et la gestion des ressources. Enfin, une phase spécifique à chaque mission, d’une durée d’environ dix-huit mois, permet à l’équipage désigné d’acquérir les compétences nécessaires pour leur mission en orbite.
Pour se préparer à une sortie extravéhiculaire, deux méthodes principales sont utilisées. Les vols paraboliques, qui reproduisent l’apesanteur, ne durent que vingt secondes à la fois. La majeure partie de l’entraînement se déroule en piscine, sur des maquettes grandeur nature des modules de la station. À Houston, au Texas, se trouve le laboratoire de flottabilité neutre, la plus grande installation de ce type au monde, contenant 23,5 millions de litres d’eau.
Sophie Adenot a suivi une formation intensive dans plusieurs villes, dont Montréal, Tokyo et Cologne, avec des journées de travail débutant parfois à 6 heures. Les séances en piscine, d’au moins six heures, étaient essentielles pour développer la mémoire musculaire. Elle a expliqué que ces exercices lui permettaient d’exécuter des gestes de manière précise et efficace, semblable à entrer dans une salle familière et allumer la lumière sans regarder.
Chaque sortie est précédée de plusieurs jours de préparation intense. Selon Adenot, cela nécessite « des heures de procédures soigneusement répétées et d’infinies vérifications avant l’ouverture du sas ». Le scaphandre américain, qui pèse plus de 140 kg sur Terre, est un élément crucial de cette préparation. Son utilisation requiert l’assistance d’un coéquipier pour vérifier chaque raccordement, essentiel pour garantir la survie de l’astronaute. La combinaison fournit de l’oxygène, capture le CO2 expiré et élimine l’humidité.
La combinaison spatiale ne peut pas être pressurisée comme la station, sinon elle deviendrait rigide dans le vide. Le scaphandre américain EMU est pressurisé à 0,3 bar, équivalent à la pression au sommet de l’Everest. Pour éviter les accidents de décompression, les astronautes doivent respirer de l’oxygène pur pendant plusieurs heures avant la sortie.
Une fois équipés, les astronautes entrent dans le sas, où l’air est progressivement évacué avant l’ouverture de l’écoutille. Ils sortent toujours en binôme et s’attachent immédiatement à la station par des câbles de sécurité.
Sophie Adenot et Anil Menon auront environ six heures et demie pour accomplir leur mission, avec une nouvelle sortie de maintenance déjà prévue pour le 1er septembre. À son retour de sa première sortie, Adenot a salué « les incroyables équipes qui travaillent aujourd’hui dans l’ombre », soulignant que chaque sortie dans l’espace est le résultat d’une préparation collective de longue haleine.
Source : La Croix



