Les industriels vont devoir revoir leurs exigences

À cause des chaleurs et du manque d’eau, la production de pommes de terre pourrait diminuer cette année d’un quart, voire de la moitié, chez les producteurs des Hauts-de-France. Ils demandent aux industriels une tolérance quant au calibre et aux volumes commandés, ainsi qu’une aide de l’État.

Bien dissimulés dans la terre, on pourrait croire ces tubercules insensibles aux records météo enregistrés cet été 2026. Pourtant, la production française de pommes de terre pourrait être historiquement basse cette année, avec une diminution de 23 % par rapport à l’année précédente, anticipe l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) dans un communiqué publié le 25 août. Cette campagne pourrait marquer l’un des plus importants décrochages de production jamais enregistrés pour la pomme de terre française.

« Les producteurs ont subi de plein fouet les cinq épisodes de canicule, » résume Geoffroy d’Évry, président de l’UNPT et producteur à Nampcel (Oise). À Bovelles (Somme), Cyprien Lehostingue indique : « c’est simple : cette année je vais faire la moitié de mon rendement de l’année dernière. Je faisais d’habitude 40 à 50 tonnes de l’hectare ; là, je vais faire plutôt 20-25, » souffle le patatier et maire de sa commune.

Il dirige une petite exploitation de 16 hectares : la moitié de cette surface de pommes de terre est destinée à l’usine Roquette à Vecquemont (Somme), qui la transforme en fécule, l’autre part en Belgique chez Clarebout-Simplot, spécialiste de la pomme de terre de consommation.

Le cruel manque d’eau de l’été a touché différemment les producteurs, notamment en fonction de leur utilisation de l’irrigation. Par exemple, le segment de la pomme de terre fraîche, qui obéit à un cahier des charges exigeant pour l’industrie, est le plus irrigué. « Le segment fécule, il n’y a aucune irrigation. Quant au segment industrie, c’est variable, » précise Geoffroy d’Évry.

Au stress hydrique s’ajoutent des températures caniculaires fréquentes depuis mai. « Il faut savoir qu’au-delà de 35 °C, la pomme de terre se bloque, elle ne se développe plus, » illustre le président de l’UNPT. Sur le volume, les producteurs vont être en incapacité de livrer tant de pommes de terre aux industriels, et celles-ci peuvent ne pas correspondre à leur cahier des charges.

Selon le contrat qui le lie à un industriel, Geoffroy d’Évry doit livrer cette année 35 tonnes de pommes de terre. « Je pense que je vais en sortir 20, et péniblement, » soupire-t-il. « La première punition, c’est que je ne vais pas couvrir mes coûts de production. »

Pour soutenir les producteurs, l’UNPT demande à l’État d’anticiper dès maintenant un dispositif exceptionnel de soutien aux producteurs les plus durement touchés. Ils demandent aux acheteurs d’adapter au mieux à la réalité de la récolte leurs cahiers des charges et les volumes contractuels. « On a déjà des groupements de producteurs qui discutent avec des industriels pour voir comment on peut aménager tout ça, » as Geoffroy d’Évry.

Source : France 3 Régions.

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