Solidarité : Quatre initiatives pour renforcer les dons interclasses
Alors que les dons de petits montants se font de plus en plus rares, la solidarité dépend de plus en plus des ménages aisés, dont le rôle devient central. Face à cette situation, quatre initiatives ont été mises en place pour encourager cette entraide.
Éclairer les futurs donateurs
Pour inciter les personnes disposant de ressources suffisantes à donner, il est essentiel de surmonter un obstacle majeur : le manque d’information. Choisir parmi les milliers d’associations existantes peut s’avérer difficile. Romain Barbe, cofondateur de l’association « Mieux donner », souligne que « le même euro donné peut avoir jusqu’à cent fois plus d’impact si l’on a accès à la bonne information ». L’association se concentre sur l’efficacité des dons, en rendant ces données accessibles au grand public. Cela permet d’orienter les dons vers des structures jugées pertinentes dans quatre domaines : la santé mondiale, le développement, le bien-être animal et le changement climatique.
Participer à une étude quantitative
Marine Quenin, fondatrice de l’association « Mue », vise à cibler les 1 % les plus riches de la population française, soit environ 480 000 personnes. Ce groupe, qui a un fort potentiel d’impact sur les enjeux environnementaux et sociaux, est souvent négligé par les études quantitatives. Pour mieux comprendre leurs freins et leviers d’action, Quenin a lancé un questionnaire en ligne en partenariat avec des chercheurs. Elle espère recueillir au moins 5 000 réponses représentatives avant de publier les résultats en octobre prochain.
Renforcer la philanthropie familiale
En France, plus de 5 800 fondations et fonds de dotation existent, dont une partie sont des structures philanthropiques familiales souvent méconnues. L’association « Un esprit de famille » œuvre depuis 2012 pour les rapprocher et promouvoir la culture du don. Guénola Désveaux, déléguée générale, explique qu’il n’existe pas d’école pour créer une fondation philanthropique, mais qu’il est essentiel de partager les bonnes pratiques. Actuellement, l’association accompagne 150 fondations familiales à travers des réunions d’échanges et des cofinancements de projets.
Perpétuer la culture du don malgré les crises
Le Baromètre de la solidarité 2026, réalisé par les Apprentis d’Auteuil, révèle une inquiétude croissante quant aux perspectives de dons dans un contexte politique et international incertain. 51 % des Français affirment avoir déjà donné ou envisagent de le faire cette année, un chiffre qui représente le niveau le plus bas depuis 2020. Pour marquer son 160e anniversaire, l’association a lancé une campagne de sensibilisation mettant en scène un procès fictif pour illustrer l’absurdité du déterminisme social. Vanessa de Lauzainghein, directrice de la communication, insiste sur l’importance de maintenir l’action dans ces moments de crise.
Source : La Croix
