Canicule à la SNCF : Un malaise social exacerbé par des conditions de travail difficiles

La canicule actuelle met à l’épreuve les conditions de travail des 150.000 salariés de la SNCF, notamment les conducteurs et chefs de bord, qui expriment un profond malaise. Ce vendredi matin, Jean Castex, président du groupe, a envoyé un message de remerciement à l’ensemble des employés pour leur mobilisation face à cette situation extrême. Cependant, ce geste bienveillant ne suffit pas à apaiser les tensions au sein de l’entreprise ferroviaire.

Ce malaise provient de réorganisations répétées, d’une pression accrue pour améliorer la productivité, et de l’ouverture à la concurrence qui a entraîné la création de filiales aux conditions de travail variées. Ces facteurs ont contribué à une hausse des accidents du travail et à un mouvement de grève très suivi le 10 juin dernier, avec 60% de conducteurs et 63% de contrôleurs en grève.

Les conditions de travail sont particulièrement difficiles en période de chaleur. Un chef de bord témoigne : « Ça craque de partout. Le climat social est super tendu. » Des demandes de concertation immédiate commencent à émerger, étape qui pourrait conduire à un préavis de grève.

Un cheminot souligne des problèmes concrets : « On nous demande de distribuer 200 bouteilles d’eau tiède pour 500 passagers, alors que les voyageurs arrivent souvent à bout avec la chaleur. » Il critique également les initiatives de la direction, évoquant le fait que « tout le monde craque et ne veut plus travailler ».

Chez les conducteurs, le sentiment de lassitude est également présent. Bien que certains signalent que la climatisation fonctionne correctement sur leur matériel, d’autres font état de systèmes défaillants. Dans les cabines de TGV, il est interdit d’ouvrir les fenêtres, ce qui complique encore la situation.

Karine Dussert-Sarthe, nouvelle patronne de SNCF Voyageurs, a également adressé un message aux équipes, reconnaissant les difficultés rencontrées et appelant à une attention particulière sur le bien-être des employés. Cependant, cette approche, qualifiée de « câlinothérapie », semble insuffisante pour apaiser les tensions persistantes.

Pour les cheminots, la situation demeure préoccupante et l’impact de la canicule sur leurs conditions de travail soulève des inquiétudes croissantes.

Source : BFM Business

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