Six personnes choisissent des messages pour l’humanité à transmettre aux étoiles.

En six semaines seulement, six personnes ont littéralement choisi seules ce que l'humanité dirait aux étoiles

Article : Un message pour les étoiles : le défi des six pionniers

Imaginez que six individus aient eu la responsabilité unique de définir ce que représente l’humanité pour d’éventuelles civilisations extraterrestres. C’est ce qui s’est produit lorsque la NASA a confié à une équipe restreinte la tâche de composer un message destiné à l’univers. En seulement six semaines, avec un budget modeste, ce groupe a déterminé ce que les étoiles entendraient parler de nous pour des milliers d’années.

Le comité fantôme qui parle en notre nom

L’initiative a été lancée par John R. Casani, chef de projet des sondes Voyager, qui souhaitait embarquer un témoignage de la vie terrestre durablement gravé. Plutôt que d’opter pour des bandes magnétiques, jugées trop fragiles pour l’espace, il a choisi un disque phonographique en métal, plus robuste. Casani s’est alors tourné vers Carl Sagan, astrophysicien à l’université Cornell, pour diriger ce projet.

Sagan a constitué une équipe incluant Frank Drake, Ann Druyan, Timothy Ferris, Jon Lomberg et Linda Salzman Sagan. Ce groupe restreint est devenu, sans mandat démocratique ni consultation publique, le porte-voix officieux de l’humanité face à l’univers.

Six semaines pour choisir l’éternité

Le calendrier était particulièrement serré : six semaines pour rassembler, sélectionner et graver ce qui devait représenter l’ensemble de la civilisation humaine. Le budget alloué, de 18 000 dollars, était dérisoire par rapport à l’enjeu, le montant initial étant de seulement 1 500 dollars, ce qui a contraint l’équipe à financer le projet sur leurs propres fonds.

Chaque décision était cruciale : quelle musique choisir parmi des milliers d’œuvres ? Quelles langues utiliser pour saluer d’éventuels auditeurs cosmiques ? Quelles images représenter la diversité de notre planète ? Ces choix, bien que non soumis à un débat public, allaient être gravés dans le métal pour des millions d’années.

Ce que dit vraiment le message envoyé

Le résultat de ce travail se matérialise sous la forme d’un disque de cuivre plaqué or, connu sous le nom de Golden Record, d’un diamètre de 30 centimètres. Sa pochette contient une source d’uranium 238, dont la demi-vie de 4,5 milliards d’années permettrait à des découvreurs d’évaluer le temps écoulé depuis le lancement. Un mode d’emploi cosmique accompagne le disque pour faciliter sa déchiffrabilité.

Le Golden Record contient 116 images illustrant la vie terrestre, une sélection musicale de 90 minutes provenant de diverses cultures et époques, ainsi que des salutations enregistrées en 55 langues. Des messages écrits par le président américain Jimmy Carter et le secrétaire général de l’ONU de l’époque, Kurt Waldheim, complètent ce condensé d’humanité.

Après l’envoi, plus rien ne nous appartient

L’absence de garde-fou institutionnel est frappante. Aucune validation officielle du contenu n’a été exigée par la NASA avant le lancement. Une fois les sondes Voyager 1 et 2 lancées en 1977, aucune correction n’était possible. Le disque était scellé et le message figé pour l’éternité, ou presque.

Cette aventure soulève des questions sur ce que pourrait être un tel message aujourd’hui, si un choix collectif était envisageable. Le Golden Record reste un objet fascinant, à la fois modeste techniquement et immense dans sa portée, témoin d’une époque où six esprits ont résumé, en six semaines, tout ce que nous sommes.

Source : SciencePost.

Source

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *