7 ministres français espionnés par le Maroc : voici ce que révèle la nouvelle enquête Pegasus

Espionnage : Sept ministres français ciblés par le Maroc via le logiciel Pegasus

En juillet 2021, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a examiné l’iPhone XS de Sébastien Lecornu, alors ministre des Outre-mer, et a découvert des indices de compromission. Une enquête récente confirme que ces mêmes traces ont été retrouvées sur les téléphones de sept ministres ou anciens ministres français, ciblés entre 2019 et 2020. Outre Lecornu, les personnalités concernées incluent Florence Parly, Jean-Michel Blanquer, Jacqueline Gourault, François de Rugy, Julien Denormandie et Emmanuelle Wargon. Les marqueurs détectés correspondent à ceux identifiés par le Security Lab d’Amnesty International sur les appareils d’un journaliste marocain, Omar Radi, et d’un porte-parole sahraoui.

Le logiciel Pegasus a évolué pour infecter les smartphones sans aucune action de la victime, exploitant des failles dans des applications comme WhatsApp ou iMessage pour s’installer à distance. Une fois infiltré, Pegasus accède aux appels, messages, à la géolocalisation et au micro de l’appareil. Un ancien agent de la Direction de la surveillance du territoire (DGST), sous le pseudonyme de Safir, a indiqué que cette méthode d’infection « zéro clic » a rapidement remplacé des techniques plus rudimentaires, telles que la vente de téléphones pré-infectés lors des manifestations au Maroc en 2016 et 2017. Une note de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) datant de novembre 2022 signale que le Maroc, à l’instar des Émirats arabes unis, utilise des produits de la société NSO depuis au moins 2017, via la société émiratie Al Fahad.

Malgré ces éléments, l’enquête judiciaire ouverte en France en 2021 progresse lentement. Les autorités marocaines et israéliennes n’ont pas coopéré avec le magistrat instructeur Serge Tournaire, la justice marocaine ayant même refusé d’exécuter une commission rogatoire. Cette situation n’est pas unique, puisque récemment, un eurodéputé chargé d’enquêter sur Pegasus a également été ciblé par le logiciel durant ses travaux.

Source : Clubic

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