Sénégal : La réforme du Pastef retoquée, Ousmane Sonko fragilisé
Le Conseil constitutionnel sénégalais a invalidé, jeudi, la réforme institutionnelle proposée par la majorité parlementaire du Pastef. Selon le Conseil, cette réforme était contraire à la Constitution. Les partisans d’Ousmane Sonko, qui soutenaient la me, affirmaient qu’elle visait à rééquilibrer les pouvoirs entre les institutions.
Cette décision constitue un coup d’arrêt pour la réforme institutionnelle, adoptée par l’Assemblée nationale, où le Pastef détient une majorité confortable. Saisi par le président Bassirou Diomaye Faye, le Conseil a relevé deux irrégularités majeures : l’absence de dispositif de financement pour la future Cour constitutionnelle prévue par la réforme, et le non-respect de certaines procédures parlementaires lors de l’examen des amendements gouvernementaux.
L’ancienne députée Adji Diarra Mergane Kanouté, dirigeante du parti USD/A et présidente de la coalition Ensemble Demain, a déclaré que cet arrêt met fin à l’organisation d’un éventuel référendum. Toutefois, elle a souligné que l’Assemblée nationale pourrait initier une nouvelle révision en respectant les procédures nécessaires.
La réforme prévoyait également un renforcement des enquêtes parlementaires pour permettre aux députés d’accéder à davantage d’informations sur les contrats liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Les réactions politiques ont été rapides. Ousmane Sonko a reconnu la décision du Conseil constitutionnel sur les réseaux sociaux, tandis que la coalition présidentielle a mis en avant le bon fonctionnement des institutions et la nécessité de poursuivre les discussions sur les réformes. Dr. Binette Ndiaye, coordinatrice du Forum Citoyen, a salué l’arbitrage du Conseil.
La décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux figures principales du Pastef. Écarté de la Primature en mai dernier, Ousmane Sonko a rapidement pris la présidence de l’Assemblée nationale. Les divergences entre lui et le président Faye se sont accentuées, Sonko évoquant une situation de « cohabitation » avec le chef de l’État.
L’invalidation de cette réforme pourrait marquer un tournant dans la rivalité au sommet du pouvoir sénégalais, avec des implications potentielles pour la vie politique du pays.
Source : DW
