Décoder la génétique des espèces pour sélectionner celles qui résisteront au climat de demain
Sur le site de l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) de Crouël, à Clermont-Ferrand, la plateforme Gentyane a déjà analysé le génome de près de 300 espèces au cours des 20 dernières années. Cette recherche permet non seulement de mieux comprendre la biodiversité, comme la manière dont les marmottes ont colonisé le massif des Écrins, mais aussi d’améliorer la sélection animale et végétale. Aujourd’hui, environ 75 % des projets menés par Gentyane sont axés sur l’adaptation au changement climatique.
L’équipe de Gentyane utilise des machines de séquençage ADN d’une valeur de 500 000 à 1 million d’euros, qui doivent être renouvelées tous les 3 à 4 ans. Par exemple, le premier génome de référence du tournesol a nécessité un an et demi de travail et un coût de plus d’un million d’euros. En revanche, les avancées technologiques permettent désormais de réaliser ce séquençage en 24 heures pour un coût de 3 000 euros.
En parallèle, le site abrite un centre de ressources biologiques (CRB) où sont conservées des dizaines de milliers de variétés de graines, représentant un patrimoine génétique essentiel pour l’humanité. Parmi ces variétés, on trouve environ 17 000 espèces de blés. Cette conservation est couplée à des recherches visant à identifier les caractéristiques qui permettront aux plantes de s’adapter à un climat de plus en plus chaud.
Charles Poncet, ingénieur de recherche à l’Inrae, souligne l’importance de cette démarche : « On doit sélectionner par rapport à quelque chose qu’on ne connaît pas demain et qui évolue potentiellement plus vite que ce qu’on avait imaginé. » La nécessité de produire mieux tout en réduisant l’utilisation d’intrants et de polluants représente un défi majeur pour les scientifiques.
Source : Inrae.

