Le plus faible rendement observé depuis plus de 30 ans : les producteurs de pommes de terre vers une crise historique après la sécheresse
Les producteurs de pommes de terre français font face à une crise sans précédent, avec des projections de l’UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre) anticipant une baisse de la production de 23 % en un an. Ce constat a été rendu public le 24 août, signalant que cette campagne pourrait marquer l’un des plus importants décrochages de production jamais enregistrés pour la pomme de terre en France. Le rendement moyen national pour les pommes de terre de consommation est estimé à 37,4 tonnes par hectare, une chute significative par rapport aux 43,5 t/ha en 2025, soit une diminution de 14 %, et aux 43,1 t/ha en moyenne quinquennale, représentant une baisse de 13 %.
Cette situation est exacerbée par les cinq épisodes successifs de canicule et un déficit hydrique exceptionnel, entraînant un rendement qui pourrait être le plus faible observé depuis plus de trois décennies. Les producteurs notent que cette chute est encore plus marquée que celle enregistrée lors de la sécheresse historique de 2022.
Des pertes évaluées à « au moins 400 millions d’euros »
L’ampleur des pertes économiques potentielles est alarmante, l’UNPT évaluant celles-ci à au moins 400 millions d’euros. Les producteurs demandent à l’État de mettre en place un dispositif exceptionnel de soutien pour les exploitations les plus touchées. Dans ce contexte, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait annoncé, le 5 août, un « plan global » d’accompagnement pour les agriculteurs, sans toutefois chiffrer le montant des aides à venir.
L’urgence est de mise
Les producteurs de pommes de terre, déjà contraints de réduire leurs surfaces de production de 10 % en France et de 11 % en Europe du Nord-Ouest après une surproduction en 2025, soulignent que « l’urgence est de mise ». Ils s’inquiètent également d’une récolte plus hétérogène, avec des calibres plus petits et des teneurs en matière sèche variables, ce qui pourrait impacter la qualité des produits.
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a déjà annoncé des mes de soutien, notamment une plus grande tolérance sur les calibres des fruits et légumes et une préférence pour les produits d’origine France.
Ne pas « subir la double peine »
Les producteurs insistent sur le fait que la baisse des rendements doit être prise en compte à tous les niveaux de la chaîne de valeur, impliquant producteurs, négociants, industriels, et distributeurs. Ils demandent également que les volumes contractuels soient ajustés à la réalité de la récolte, tout en appelant le gouvernement à engager un dialogue avec ses homologues européens pour éviter des différends commerciaux.
Source : Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT)



