Salif Keïta annule ses concerts en Afrique du Sud en raison de manifestations xénophobes
Le chanteur et compositeur malien Salif Keïta a décidé d’annuler ses concerts prévus en Afrique du Sud, citant les récentes manifestations xénophobes dans le pays. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, il a déclaré : « » Salif Keïta a exprimé que cette situation le contraignait à prendre une « décision douloureuse » sans préciser les dates et lieux des spectacles annulés.
Les violences à caractère xénophobe qui secouent l’Afrique du Sud, souvent décrites comme des manifestations d’afrophobie, ont suscité l’inquiétude de nombreux artistes et observateurs. Le chanteur devait se produire au festival de Macufe le 12 septembre à Bloemfontein, selon le site Briefly.
Salif Keïta a également mentionné avoir le « coeur si lourd » en prenant cette décision, tout en soulignant qu’elle ne signifie pas un rejet des populations sud-africaines. Il a rappelé que l’Afrique du Sud, longtemps marquée par l’apartheid, l’a toujours accueilli « comme un frère, pas seulement un artiste. » Il a déclaré vouloir fermer « la porte sur la haine, pas sur les gens ».
L’artiste a évoqué la détresse des migrants, affirmant : « Quand je vois des migrants attaqués, je ne vois pas ‘politique’. Je vois des gens à la recherche d’emploi, de sécurité et de dignité. »
En plus de ses préoccupations sociales, Salif Keïta a dû réduire ses tournées pour des raisons de santé. Après plus de 50 ans de carrière, il continue de se produire, mais de manière plus espacée. Il avait déjà annulé sa participation à plusieurs événements, dont le Festival Jazz de Montreux en mars et les Estivales de Savoie en juillet.
Les tensions xénophobes en Afrique du Sud ont des répercussions sur l’image du pays et sur la carrière des artistes, tant locaux qu’internationaux. La ministre de la Justice sud-africaine a reconnu que cette situation entraîne un « contrecoup » économique, affectant les contrats d’artistes sud-africains à l’étranger.
Plus de 160 000 personnes ont quitté l’Afrique du Sud depuis fin mai, selon des chiffres de l’AFP, en raison de l’escalade des violences et des tensions anti-migrants.
Source : TV5MONDE

