Réouverture du tunnel du Rove prévue pour 2030 : un projet écologique ambitieux
Le projet de réouverture du tunnel du Rove, interrompu depuis plus de 60 ans, devrait enfin voir le jour d’ici 2030. Ce tunnel, qui reliait Marseille à Marignane, a été mis hors service en 1963 à cause d’un éboulement de près de 200 mètres. Son objectif principal est désormais écologique, visant à revitaliser l’étang de Berre en y réintroduisant de l’eau salée.
Ce tunnel, d’une hauteur de 15 mètres et d’une largeur de 22 mètres, a été une artère maritime importante entre les années 1920 et 1960. « C’est une cathédrale ! Il était au Guinness Book », souligne Olivier Darrason, ancien député et expert en la matière.
Contexte de la réouverture
L’étang de Berre souffre depuis des décennies des conséquences des activités humaines, notamment de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas, qui déverse chaque année jusqu’à 1,2 milliard de m³ d’eau douce et de limon dans l’étang. Ce déséquilibre a conduit à une stratification des eaux, où l’eau douce se concentre en surface et l’eau salée reste au fond, créant un manque d’oxygène qui menace l’écosystème.
La réouverture du tunnel implique la création d’un boyau de 2,5 mètres de diamètre sur environ 170 mètres pour permettre un courant d’eau de mer entre Marseille et l’étang de Berre. Cette initiative vise à rétablir un équilibre écologique, apportant à la fois du sel et de l’oxygène à l’étang.
Données et financement
Le projet, estimé à environ 16 millions d’euros, sera financé par la Région, la Métropole et l’État, chacun prenant en charge environ un tiers des coûts. Des contributions volontaires d’industriels de la région sont également attendues. La dernière étude environnementale, en cours jusqu’en octobre, précédera les étapes administratives nécessaires.
Conséquences attendues
La réouverture du tunnel devrait permettre d’injecter 165 millions de m³ d’eau de mer par an dans l’étang de Berre, représentant environ 15 % de son volume. Bien que certains espèrent une réouverture à la navigation à long terme, cela n’est pas prévu dans l’immédiat. L’accent est mis sur la santé de l’écosystème de l’étang, qui bénéficie déjà d’initiatives de replantation de zostères, essentielles pour la biodiversité.
Cet article s’inspire des informations fournies par le site Made in Marseille.



