Roland Lescure appelle à une action urgente pour éviter une crise économique en France.

Économie. Roland Lescure : « Il faut qu'on sorte la tête du sable »

Roland Lescure : « Il faut qu’on sorte la tête du sable »

Face au décrochage constaté cette semaine par l’Insee, avec une baisse de la croissance et du pouvoir d’achat, ainsi qu’une hausse du chômage, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, refuse de qualifier la situation d’échec. Lors d’une interview accordée au Parisien, il a décrit cette période comme un « trou d’air » attribuable à des facteurs exceptionnels, notamment le blocage du détroit d’Ormuz, qui aurait entraîné une perte de 0,2 % de croissance, et la canicule, responsable d’une diminution de 0,1 %. Lescure a également revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, passant de 1 % à 0,5 %, en raison d’une incertitude internationale qu’il ne contrôle pas. Il a mis en avant un taux d’emploi des jeunes et des seniors « au plus haut historique » pour soutenir son propos.

En réponse à la nécessité d’économies, le ministre a fixé un objectif de 30 milliards d’euros, principalement axé sur la réduction des dépenses pour éviter toute hausse d’impôts. Il a souligné que l’Insee prévoit une baisse de 0,4 % du pouvoir d’achat en 2026, exacerbée par l’augmentation des prix de l’énergie. Pour atténuer les effets de cette situation sur les plus vulnérables, Lescure a promis de ne « laisser personne de côté », tout en rejetant la proposition de baisse générale de la taxe sur les carburants.

Concernant le risque d’une crise de la dette, il a affirmé qu’un budget « sérieux » pourrait éloigner la pression des prêteurs. Pour 2027, il vise un déficit inférieur à 5,1 %. Les retraités sont également appelés à contribuer aux efforts collectifs, bien qu’aucune pension ne soit prévue pour diminuer. La possibilité de supprimer l’abattement fiscal est à l’étude, mais Lescure a écarté la désindexation des pensions supérieures à 2 000 euros.

Enfin, il a exprimé son soutien à l’idée d’un mécénat incitatif, tout en préférant un budget à un passage en force, en vue des débats à venir.

Source : Le Progrès, Le Parisien.

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