Rentrée scolaire : quatre enfants en situation de rue témoignent de leur réalité.

TÉMOIGNAGE.

« L’école, c’est tout ce qu’il leur reste » : récit de la rentrée scolaire de quatre enfants laissés à la rue

Publié le 01/09/2026 à 18h50
Temps de lecture : 3 min

À Clermont-Ferrand, Lorik, 14 ans, et ses trois frères et sœurs ont frôlé la nuit à la rue la veille de la rentrée scolaire. Cette famille, sans domicile suite à une expulsion, doit son salut temporaire à la mobilisation d’un collectif. Ce récit met en lumière la précarité à laquelle font face de nombreuses familles.

Ce lundi soir, veille de rentrée scolaire, Lorik, Liane (10 ans), Andorre (8 ans) et la petite Aulaune (6 ans) portent déjà leurs cartables, mais attendent surtout un endroit pour dormir. Arrivés d’Albanie il y a deux ans, ils ont été expulsés cet été de leur centre d’hébergement pour demandeurs d’asile après le rejet de leur demande. Jusqu’alors, leur survie dépendait de la solidarité du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), mais cette aide atteint ses limites.

« Voici toutes mes affaires pour dormir dehors », explique Lorik en montrant ses sacs. « Je n’ai pas de cartable pour l’instant, juste des feuilles et quelques stylos. » Son français impeccable trahit un esprit vif, mais il reste préoccupé. « Ça fait bizarre d’aller à l’école sans savoir où dormir. Je me sens un peu triste. »

Blerim, leur père, insiste sur l’importance de l’éducation pour ses enfants. « Je trouve que c’est crucial qu’ils aillent à l’école malgré tout. On s’adaptera, mais ils iront à l’école quoi qu’il arrive. L’école, c’est tout ce qui leur reste. »

La famille a été mise à la porte du centre le 27 juillet. Frédéric Campguilhem, militant de la CGT Éduc’Action, a été alerté par un parent d’élève de l’école Jean Moulin, où sont scolarisés les enfants. Depuis, l’association sollicite quotidiennement le 115 pour reloger la famille. « Nous avons fait jouer la solidarité militante pour qu’ils passent un été correct, mais aujourd’hui, elle arrive à ses limites », souligne-t-il.

La situation est alarmante à la veille d’une rentrée scolaire. « On ne peut pas accepter qu’une famille de quatre enfants soit à la rue la veille de la rentrée scolaire », déclare Campguilhem. Il s’inquiète des conséquences sur la scolarité : « Comment apprendre sereinement sans abri ? Ce n’est pas possible. »

La préfecture du Puy-de-Dôme rappelle que la lutte contre le sans-abrisme est un enjeu majeur de solidarité nationale. Elle indique que l’État finance 1 650 places d’hébergement dans le département, et plus de 4 500 au total pour les demandeurs d’asile, avec un budget de 32 millions d’euros. Les crédits pour l’hébergement et l’insertion ont doublé entre 2018 et 2025, atteignant 24 millions d’euros par an.

Finalement, dans la soirée, grâce à l’intervention du RESF, un logement a été trouvé pour Blerim et ses enfants, évitant ainsi une nuit dans la rue. Le lendemain, jour de la rentrée, Frédéric Campguilhem a fait du porte-à-porte aux abords de l’école Jean Moulin pour sensibiliser les parents à la situation de cette famille et renforcer la solidarité autour d’eux.

Source : France 3 Régions

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