Rendez-vous salarial du 8 juillet - déclaration liminaire de la FSU

Rendez-vous salarial du 8 juillet : déclaration liminaire de la FSU

Depuis près de dix ans, les gouvernements successifs ont orchestré une dévalorisation continue des rémunérations au sein de la fonction publique, considérée comme une orientation politique délibérée. Dans ce contexte, l’inflation agit comme une circonstance aggravante, accentuant les effets de cette politique.

La FSU souligne que cette situation constitue un scandale social, touchant en majorité des femmes, et impacte ceux qui ont fait du service public leur métier. Les conséquences de cette dévalorisation se ressentiront également sur le montant des pensions futures des agents. Ce traitement des fonctionnaires, responsables de la mise en œuvre des politiques publiques, est qualifié d’absurde sur le plan politique.

Depuis 2017, les politiques de rémunération ont suivi une logique uniforme : la dévalorisation de la carrière, qui devrait rémunérer le métier, l’expérience et l’engagement, plutôt que de compenser l’inflation. Année après année, le gel de la valeur du point d’indice a été la norme, sauf en cas de forte inflation, où les augmentations, souvent prises à contre-cœur, n’ont jamais compensé plus d’un tiers des effets de l’inflation sur les dépenses courantes des agents.

Entre 2017 et 2022, un quinquennat entier s’est écoulé sans augmentation du point d’indice. Lorsque le gouvernement a enfin consenti à une augmentation de 3,5 % en juillet 2022, l’inflation était déjà à 6 %. Cette situation a conduit à une règle tacite : le point d’indice reste gelé tant qu’il n’y a pas de pic d’inflation, entraînant un décrochage des salaires et une absence de reconnaissance de carrière pour de nombreux agents.

En 2026, malgré un pic d’inflation et une hausse du SMIC, aucune perspective d’augmentation du point d’indice n’est envisagée. Cela aggrave la crise de recrutement, alors que des départs en retraite massifs sont attendus. Les agents, de plus en plus écœurés par leurs conditions de travail et leur rémunération, constatent que la progression salariale est supérieure dans le secteur privé. Les inégalités de rémunération entre les femmes et les hommes persistent, en raison d’une revalorisation insuffisante des métiers féminisés.

La population exprime un besoin croissant de services publics plus efficaces et présents sur l’ensemble du territoire. Face aux défis du changement climatique et aux inégalités croissantes, la FSU appelle à une reconnaissance de l’expertise et de l’engagement des agents, plaidant pour une rémunération à la hauteur de leur rôle social.

Pour la FSU, une augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d’indice est nécessaire, ainsi qu’une attribution uniforme d’au moins 15 points dans les grilles salariales pour sortir les agents de la zone du SMIC. La FSU considère que revaloriser les rémunérations est un investissement dans l’intérêt général, essentiel pour maintenir des services publics solides.

Source : FSU

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