Rendements catastrophiques, tension sur les marchés. Risque-t-on une pénurie de blé noir et de galettes bretonnes ?
La sécheresse persistante en Bretagne a des conséquences alarmantes pour la production de blé noir, un ingrédient essentiel des galettes bretonnes. À quelques semaines de la récolte, les producteurs expriment un pessimisme croissant quant à leurs rendements.
Dans un champ de Goven, Damien Berthelot, agriculteur, observe ses plants de sarrasin. « Sur un épi comme celui-là, il n’y a que deux ou trois graines, alors qu’il devrait être plein », déclare-t-il. Les pluies de fin août et début septembre ont permis une légère floraison, mais n’ont pas suffi à compenser les pertes dues à la sécheresse. Berthelot prévoit un rendement de seulement deux à trois quintaux, alors qu’il en récolte habituellement entre 10 et 12.
La filière IGP Blé Noir Tradition Bretagne, qui regroupe 2 600 producteurs, s’attend également à une baisse significative de la production. Christine Larsonneur, directrice de l’association gérant l’IGP, prévoit une récolte de 2 000 tonnes, soit la moitié de la production habituelle de 4 000 tonnes.
Malgré ces difficultés, Larsonneur reste optimiste, soulignant que d’autres régions de France ne pourront pas fournir de blé noir en raison de semis tardifs ayant échoué. Elle note également que des stocks de l’année précédente permettront d’asr les approvisionnements.
Les tensions sur les marchés du blé noir se font déjà sentir, avec des prix qui pourraient augmenter en raison de la loi de l’offre et de la demande. Cependant, les acteurs de la filière IGP affirment qu’ils ne prévoient pas une flambée des prix, bien qu’une légère hausse soit envisagée pour mieux rémunérer les producteurs.
En Bretagne, 90 % des clients de la filière sont des crêpiers. Jean-Luc Rescamp, crêpier, utilise de la farine IGP provenant de deux moulins et souligne l’importance de soutenir la production locale. Les consommateurs, comme Marie-Julie et Mathilde, sont également prêts à payer un peu plus pour préserver cette tradition culinaire.
La moisson du blé noir est prévue pour fin octobre, et il faudra attendre cette date pour établir un bilan précis de la production et ses impacts futurs.
Source : France 3 Régions

